jeudi 16 janvier 2014

MÉCHANCETÉ GRATUITE ENVERS ANNE HATHAWAY...


«La haine, comme l'amour, se nourrit des plus petites choses, tout lui va.» (Honoré de Balzac)

Il y a une quinzaine de jours, je lisais dans mon journal local une de ces revues de fin d'année qui récapitulait les faits marquants de 2013 dans le monde des arts et du spectacle.  Après avoir résumé les événements marquants au cinéma au cours de l'année écoulée, la journaliste rappelait, en terminant son article, combien les "mamelons" de l'actrice Anne Hathaway avaient fait jaser pendant et longtemps après la cérémonie des Oscars, qui a eu lieu en février de l'an passé.  Pour comprendre ce à quoi se référait la journaliste, j'ai fait une recherche sur le web.  J'avais vaguement entendu parler de cette histoire, mais je désirais en savoir davantage.  J'ai appris que lors de ce prestigieux gala au cours duquel Hathaway s'est vue remettre l'Oscar de la meilleure actrice de soutien pour son rôle de Fantine dans le film LES MISÉRABLES (Tom Hooper), on avait surtout remarqué la robe rose pâle qu'elle portait (photo ci-dessus) et, surtout, la manière dont elle portait cette création signée PRADA !  Les coutures de chaque côté du buste de cette robe assez singulière, mettaient en relief la poitrine de l'actrice oscarisée.  Celle-ci ne portait visiblement pas de soutien-gorge.  Cette tenue osée a déplu à un certain public et à plusieurs membres de la colonie artistique.  Ce n'était qu'un motif de plus pour ces "Hathaway haters" de fustiger encore une fois cette femme qu'ils ont pris en aversion depuis qu'elle s'affirme brillamment sur la scène cinématographique.


Qu'est-ce que ces gens reprochent au juste à Anne Hathaway pour lui en vouloir ainsi ?  Essentiellement, ses détracteurs affirment que l'image de la star ne colle pas à ce qu'elle veut que l'on croit qu'elle est vraiment.  Pour eux, les discours ou les déclarations de la vedette sont imprégnés d'une humilité et d'une modestie qui sont aussi fausses que feintes.  Cette réserve empreinte de vertu, qui semble vouloir s'associer à un portrait trop parfait pour être authentique et crédible, ne va manifestement pas de pair avec ses tenues extravagantes et ses réactions exagérées en public, selon ses critiques sévères.  Ce fâcheux épisode de la tenue indécente aux Oscars vient s'ajouter, ajoute-t-ils, à un incident du même genre, quand Hathaway était descendue de voiture pour se rendre à la première des MISÉRABLES, quelque temps auparavant.  Les photographes avaient alors pu prendre des clichés de son entre-jambes...puisqu'elle ne portait pas de petite culotte.  Lors de son discours de remerciement aux Oscars, et durant le point de presse qu'elle a donné après avoir reçu son prix, on l'a vu émotive et versant des larmes en disant quelques mots à l'attention de son mari et en s'exprimant sur ce que signifiait cette récompense.  Pour ceux et celles qui la trouve antipathique et vaniteuse, Anne Hathaway en fait trop.  Selon eux, elle a "trop" admiré, embrassé et brandi son trophée.  Elle a crié "trop" fort son amour pour son mari.  Elle a "trop" vanté "son équipe".  Elle n'est pas sincère dans ses remerciements et ses sentiments.  Elle donne "trop" dans la démesure en se montrant dans des toilettes qui sont tantôt trop décolletées, qui tombent mal sur sa silhouette, ou qui ne lui vont pas du tout.


Mais ces individus qui n'aiment pas Anne Hathaway vont "trop" loin, à leur tour, quand ils s'attaquent aux caractéristiques physiques et comportementales de leur cible.  Détester une personnalité publique à cause de sa coupe de cheveux, de sa peau trop blanche, de sa maigreur, de son sourire grimaçant, de ses ricanements, ou de sa supposée affectation, tout ça relève du délire et d'un manque flagrant de jugement et de politesse.  Parce que Hathaway a déjà confié qu'elle avait trouvé difficile de perdre du poids pour jouer un rôle, ses détracteurs l'ont tout de suite vilipendée en faisant remarquer que, eux, ils auraient été ravis de maigrir pour empocher la grosse somme d'argent versée à la Fantine des MISÉRABLES.  De même, quand l'actrice de 31 ans, native de Brooklyn, s'est excusée de sa robe des Oscars en expliquant qu'elle devait porter une tenue différente (créée par VALENTINO) mais que celle-ci ressemblait trop à celle revêtue au gala par une une autre artiste, on l'a encore accusé de mentir, de ne pas avoir le courage d'assumer ses choix, ou d'avoir peur de perdre les commandites pour les toilettes qui lui sont gracieusement prêtées pour ses sorties mondaines.


Parce que ses manières et ses paroles les énervent, ces gens qui détestent Anne Hathaway voudraient qu'elle ne sorte plus de chez elle et qu'elle ne s'adresse plus aux médias ou au public.  D'après moi, c'est de la méchanceté gratuite.  Oui, moi aussi je trouve que ses "looks" laissent souvent à désirer.  Que des vêtements aux tons plus clairs ne vont pas bien avec son teint pâle.  Qu'un rouge à lèvres aux couleurs trop vives accentue un peu trop la grandeur de sa bouche.  Qu'un profil désavantageux mette parfois trop en évidence son nez...pas très joli.  Qu'elle préfère maintenant avoir les cheveux courts.  Il s'agit là de choses superficielles et plus ou moins futiles mais qui prennent malheureusement trop le devant de la scène dans un milieu où le "paraître" est encore plus important que dans la vie du commun des mortels.  Anne est peut-être mal conseillée ou elle n'est pas douée dans ce genre de situations.  Mais tout ça ne doit pas empêcher d'accorder du crédit et du mérite à cette artiste pour ses formidables talents d'actrice et de chanteuse (soprano).  Même si sa mère Kate a elle-même été une bonne actrice et qu'elle a aussi joué le rôle de Fantine dans une version plus ancienne des MISÉRABLES, Anne Hathaway n'a pas hérité naturellement du talent de sa génitrice, bien qu'elle s'en soit inspiré.  Jouer n'est pas inné chez elle.  Ses rôles, elle doit les travailler énormément pour atteindre un haut niveau de performance.  C'est pourquoi elle était tellement émue en recevant sa statuette lors de la présentation des derniers Oscars.  Son rêve de réussir à se glisser totalement, et avec toute la justesse requise, dans la peau de son personnage de Fantine, s'était réalisé et, par cet Oscar, l'Académie consacrait ce succès et cet accomplissement.  Les larmes de joie de Hathaway étaient le fruit d'émotions sincères.  Elle s'est véritablement surpassée dans ce rôle.  Les gens de l'industrie l'ont reconnue à juste titre.  Elle peut être très fière de son travail acharné.


J'ai pris soin d'écouter son discours de remerciements et son point de presse subséquent.  J'ai bien apprécié ses propos et ses réponses intelligentes.  Je n'y ai trouvé rien d'artificiel, d'affecté ou de faux.  Ce n'était pas des pensées superficielles exprimées par la tête de linotte et la personne vaniteuse que ses critiques avaient annoncée.  Si la meilleure actrice de support leur est "insupportable" dans son apparence et sa façon d'être en public, ces observateurs haineux n'ont qu'à s'abstenir de la regarder ou de la suivre.  Après tout, les goûts ne sont pas discutables.  Ils varient d'un individu à l'autre.  On peut aimer ou pas telle ou telle façon de se vêtir ou d'arranger son apparence physique, mais on ne devrait pas haïr quelqu'un parce qu'il ou qu'elle ne nous plait pas, ou ne correspond pas à nos préférences pour la mode ou l'esthétisme.  Personne n'est parfait.  On voudrait que Anne Hathaway soit parfaite ou qu'elle ait une apparence plus sobre quand elle assiste à des événements mondains.  Mais moi j'aime qu'une artiste soit audacieuse et qu'elle bouscule les stéréotypes.  Oser défier le conformisme, tenter des expériences pour innover et faire avancer les choses, voilà qui est stimulant et renouvelle l'intérêt dans un monde qui risque toujours de devenir ennuyant à force de n'être qu'un éternel recommencement.


C'est même, à mon avis, une des missions de l'art de nous surprendre et de remettre en question notre vision de ce qui peut être considéré comme étant BEAU.  Il faut sans cesse tenter de se réinventer, de progresser, de s'améliorer, de trouver de nouvelles voies.  Ainsi, lors de cette visite récente (photo ci-dessus) de Anne Hathaway à une exposition sur la culture Punk au Museum Of Modern Arts de New York, je pense que le thème et le lieu étaient très appropriés pour la tenue et le look adoptés par la célèbre actrice.  Les attributs physiques de la jeune femme et les moyens employés pour les mettre en valeur ont produit un résultat à la fois harmonieux et original.  Une belle réussite, artistiquement parlant, et la preuve que Anne Hathaway, malgré tous les défauts que ses dénigreurs lui prêtent, peut être ravissante et resplendissante.  On sera d'accord ou pas avec moi mais, d'un point de vue moins superficiel, ce que l'on espère surtout et avant tout de la part de cette grande actrice, c'est qu'elle continue à nous émerveiller et de mériter l'estime du public pour ses performances extraordinaires dans les films que l'on va aimer regarder au grand écran...  Tout le reste importe-t-il vraiment autant ?  Même si elle se dit affectée par les commentaires désobligeants à son endroit, Hathaway croit qu'il y a plus de positif que de négatif dans sa vie et que c'est bien suffisant pour la rendre heureuse.  Heureuse face à ces malheureux qui sont assez stupides et futiles pour la critiquer sur des bases plus ou moins sérieuses et légitimes...           

lundi 27 août 2012

ÉLECTIONS QUÉBEC 2012 : VOTONS POUR MICHOU !


«La majorité a toujours raison, mais la raison a bien rarement la majorité aux élections». Jean Mistler, extrait de : Bon Poids.

Les Québécois iront aux urnes le 4 septembre prochain et ils tenteront de porter au pouvoir le moins pire des trois principaux partis qui se font la lutte. Bon, même s'il livre une bonne campagne pour sa formation politique, le premier ministre sortant, Jean Charest, prend de plus en plus de retard dans la course électorale. Il en est pratiquement réduit à tenter de sauver les meubles, c'est-à-dire à préserver les comtés habituellement assurés aux rouges. Mais malgré tous ses efforts, même la clientèle électorale, qui lui est normalement acquise, lorgne du côté de la Coalition Avenir Québec (CAQ) dirigée par François Legault. Il faut dire que Charest et son parti Libéral avaient déjà trois prises contre eux (pour utiliser une populaire analogie avec le base-ball) dès le déclenchement des élections provinciales. D'abord, l'usure de neuf ans passés à la direction de l'État. Ensuite, les lourdes allégations de corruption qui pèsent sur eux. Enfin, le fait de convoquer les électeurs aux boîtes de scrutin avant que la Commission Charbonneau reprenne ses travaux (à la mi-septembre) et les mette encore plus dans l'embarras par des révélations gênantes au sujet de leur copinage avec des corrupteurs, et le financement de leur caisse électorale avec de l'argent sale... Cette combine électorale est lâche et elle a sûrement dégoûté bien des Québécois. Résultat ? Monsieur Charest va probablement connaître l'humiliation d'être battu dans son comté de Sherbrooke malgré les vaillants efforts de sa conjointe, Michèle Dionne (surnommée Michou), qui fait campagne à sa place, quand il est ailleurs au Québec pour courtiser les électeurs.

Perdre dans sa circonscription : voilà à quel point le peuple en a ras-le-bol de Charest, et de son administration. Le fait que neuf de ses ministres aient démissionné ou aient choisi de ne pas briguer de nouveau les suffrages, démontre aussi que le chien de Charest est mort depuis déjà un bout de temps. L'attitude désinvolte du premier ministre lors des grèves étudiantes du printemps passé, a achevé de couler le bateau libéral. Sa farce d'imbécile quand les étudiants manifestaient aux portes d'un congrès sur le Plan Nord (il a dit en riant qu'il leur trouverait des emplois dans le Nord) a jeté de l'huile sur le feu et a provoqué inutilement les grévistes.

Mais en tenant l'élection avant la reprise de la Commission Charbonneau, les Libéraux évitent peut-être aussi le pire, soit le même sort qu'ont connu leurs grands frères du Parti Libéral Fédéral, une quasi-disparition de la scène politique à cause du scandale des commandites. Les erreurs et les maladresses de leurs rivaux péquistes et caquistes, durant la campagne électorale en cours, va possiblement les aider également à ne pas tout perdre.



La CAQ et son chef François Legault ont connu un bon début de campagne. En présentant quelques candidats vedettes ainsi qu'un programme audacieux, le leader du nouveau parti, né d'un regroupement de candidats de la défunte Action Démocratique du Québec (ADQ) et de personnes déçus des autres formations politiques, (sans oublier non plus des opportunistes) a fait flèche de tout bois. Mais au fur et à mesure du déroulement de la campagne, Legault et quelques autres ténors de la CAQ ont fait des déclarations malheureuses contre les femmes (rappelons sa plaisanterie douteuse au sujet de son idée de devoir peut-être porter de plus belles "cravates" pour attirer le vote féminin), contre les jeunes, qui ne travaillent pas assez fort, contre les syndicats, qu'il veut "acheter" en retour des coupures qu'il veut faire dans les rangs de leurs membres. Le pari de la CAQ d'assurer un médecin de famille à tous les Québécois dès la première année d'un hypothétique premier mandat, sème également beaucoup de scepticisme parmi la population. C'est aussi le cas des projets caquistes d'abolir les agences de santé et les commissions scolaires. Par surcroît, payer plus cher les médecins et les professeurs attiserait certainement l'envie des autres catégories de travailleurs de l'État, qui demanderaient aussi des hausses salariales lors du renouvellement de leurs conventions collectives. Mais, Legault et sa bande ont réussi, malgré leurs propositions pas mal irréalistes, à incarner le changement face aux vieux partis et en se faisant rapidement connaître à l'électorat. Comme la majorité des politiciens qui veulent s'imposer, Legault a ressorti la vieille mais éprouvée formule du changement. "Changer pour changer". Comme Obama, aux États, il y a quatre ans. Legault lui a même emprunté son fameux YES WE CAN.


Même si l'expérience du pouvoir, ainsi que celle de parti d'opposition officielle, leur fait défaut, les caquistes retournent cette carence à leur avantage en affirmant qu'ils sont "propres" et qu'ils ne doivent rien à personne. C'est le "tout nouveau, tout beau", en se donnant une image de monsieur Net qui va faire le ménage. Petit à petit, la CAQ et son chef, tout à fait "premier ministrable", gagnent la confiance des électeurs. De ceux qui répugnent à voter pour un parti libéral usé et corrompu, ou pour les séparatistes péquistes qui menacent la cote de crédit de la province avec leurs référendums sectoriels à répétition.



En tête dans les sondages depuis le lancement de la campagne électorale, "grand-maman" Marois pensait cueillir le pouvoir comme un fruit mûr, comme ce fut le cas pour Charest en 2003. Depuis trente ans, la règle "naturelle" de l'alternance redonne tour à tour le "volant" de l'État aux deux vieux partis. Quand les gens sont écoeurées du PLQ, ils élisent le P.Q., et vice versa. Ce n'est jamais le parti de l'opposition qui gagne les élections, c'est toujours le parti au pouvoir qui les perd. Il suffit d'être patients, de ne pas faire de gaffes et de capitaliser sur les mauvais coups des adversaires. C'est la stratégie qu'a adoptée Pauline Marois et ses sbires depuis le début de la campagne. Ménager les susceptibilités de sa clientèle et de ses alliés traditionnels, ne pas faire trop de promesses sauf celle de prendre soin des Québécois, comme une bonne grand-maman. Copier aussi un peu le président Hollande en France en projetant une image de "rassembleur". Sauf que ça ne fonctionne pas tellement pour elle. Dans les sondages, madame Marois arrive au 3e rang quand on demande qui ferait le meilleur premier ministre. Se classer derrière Charest, faut le faire ! Même si elle travaille d'arrache-pied afin de faire oublier son statut ou son image de "bourgeoise", elle ne parvient pas à passer pour une femme proche du peuple. La stratégie référendaire du PQ est aussi une aiguille dans le talon de mamie Pauline. Personne ne comprend cette histoire confuse de référendums d'initiatives populaires (RIP). Les péquistes eux-mêmes semblent aussi impuissants à démêler cet écheveau inextricable. C'est leur marque de commerce. Rappelez-vous des questions référendaires emberlificotées en 1980 et en 1995. Le PQ aurait intérêt à imiter Stéphane Dion et à se doter d'une loi sur la clarté de la question référendaire ! À moins que le PQ veuille continuer de berner les Québécois en proposant une sorte de souveraineté-association-qui-n'est-pas-tout-à-fait-l'indépendance-mais-quelque-chose-comme-une-inter-dépendance-libre-en-gardant-l'argent-et-le-passe-port-canadiens-pis-d'autres-machins-trucs-itou...

Il ne faut pas négliger les tiers partis, surtout Québec Solidaire. La belle performance de sa co-porte-parole, Françoise David, au premier débat des chefs, a fait connaître le parti à un plus large public. Si bien que madame Marois voit, avec horreur, le danger que Québec Solidaire gruge une partie du vote péquiste. Cette division du vote, surtout sur l'île de Montréal, pourrait causer sa défaite ou l'empêcher de former un gouvernement majoritaire.

Moi, en tout cas, je trouve qu'aucun des partis en lice n'est digne de diriger le Québec. Les uns sont confus, les autres sont corrompus ou manquent de crédibilité. J'annonce donc que, comme bien du monde, je voterai sur l'image. La belle image de Michou, que je trouve bien à mon goût. Sur mon bulletin de vote, je vais ajouter son nom en dessinant un coeur à côté. Pis je vais faire une belle croix dedans ! Michou pour présidente !

«Les élections, ce n'est que de la poudre aux yeux. Les partis changent, mais à l'intérieur, derrière les portes fermées, ils s'entendent et distribuent des rôles». Alice Parizeau, extrait de : Blizzard sur Québec.

vendredi 4 mai 2012

DÉBAT ENTRE SARKOZY ET HOLLANDE : QUELQUES MOTS DE TROP DU PRÉSIDENT SORTANT.


Les Français trouvent souvent les Québécois rigolos "avec leur accent" et leur façon pittoresque de s'exprimer. Les "cousins", qu'est-ce qu'ils sont marrants et "sympa", s'empressent-ils d'ajouter, d'un ton plutôt condescendant, lorsqu'ils rencontrent des gens du Québec, leur ancienne colonie d'Amérique. Ce qu'ils ignorent peut-être, c'est que c'est réciproque. Les Québécois se bidonnent tout autant en observant les "maudits français". À commencer par leur président, Nicolas Sarkozy, qui fait sourire et rire par ses emportements, ses coups de gueule, ses tics nerveux, ses excès d'orgueil et ses abus de pouvoir (comme en témoigne la photo ci-dessus !). Un peu comme des membres de la parenté qui se tapent un peu sur les nerfs mais qui, dans le fond, s'aiment bien quand même, on se montre curieux et on tient à garder un oeil sur ce qui se passe de part et d'autre, des deux côtés de l'Atlantique. C'est ainsi que, histoire de me mettre à jour sur ce qui se passe en France, je ne voulais pas manquer le débat télévisé de mercredi soir entre Sarkozy et Hollande, avec à l'enjeu la présidence du pays de nos ancêtres pour les cinq prochaines années.

La joute oratoire que ce sont livrée les deux candidats à l'élection présidentielle de dimanche prochain a été franchement intéressante. J'ai trouvé que, tactiquement, le candidat de la Gauche a été très habile. Forçant constamment le président sortant à défendre son bilan (ce que monsieur Sarkozy a fait vigoureusement), François Hollande ne lui a guère laissé le loisir de nous faire découvrir son programme pour l'avenir. L'impression que cette stratégie a laissé dans l'esprit des 17 millions de téléspectateurs, c'est que c'est le candidat socialiste qui incarne le renouveau et le changement face à la situation difficile dans laquelle se retrouve l'état français.



Au fond, monsieur Hollande a dit ce que les Français voulaient entendre. Ce qui est un gage de succès pour convaincre le public et gagner une élection. Lucide et conscient des lourdes responsabilités qui l'attendent s'il devient président de la République, il n'a pas caché que le peuple de France devra vivre une période d'austérité avant d'espérer se sortir de la crise dans laquelle toute l'Europe est plongée. Droite et Gauche ont leurs partisans indéfectibles. Pour gagner l'élection il faut faire voter en sa faveur les centristes et les indécis. C'est pourquoi monsieur Hollande a joué la carte du candidat du rassemblement, de la mobilisation de tous les Français, de la justice sociale et fiscale, du redressement économique. Bien sûr il faut diminuer les dépenses de l'État face à l'hydre de la crise des dettes souveraines. Mais l'adversaire du président a souligné que, à trop vouloir couper dans des services comme l'éducation et la gendarmerie, on augmente le chômage, ce qui, à son tour, a des conséquences néfastes sur la consommation et la croissance économique. Si tous les gouvernements font des coupures drastiques au même moment, on est pas plus avancé et on peut même retourner en récession.

Plus que les guerres de chiffres et d'argumentation, qui sont assez complexes et qui ont pu rebuter plusieurs téléspectateurs, c'est la personnalité des deux chefs qui est ressortie lors de ce duel assez corsé. C'est d'ailleurs souvent le cas. À les entendre s'accuser de dire des faussetés ou des demi-vérités, on en vient à douter nous-mêmes de leurs paroles. Restent alors des impressions, une image, un sentiment qui persistent après avoir entendu et vu les deux hommes se disputer la faveur du public. Moi, qui, comme canadien, est plutôt neutre dans cette bataille présidentielle, j'ai d'abord été impressionné de voir Sarkozy défendre si âprement son quinquennat. Il possède bien ses dossiers, ce qui est un peu normal pour un président en exercice. Mais c'est le ton qu'il a employé qui m'a déplu, au fur et à mesure que le débat de deux heures 45 minutes avançait. Pourquoi a-t-il été si désagréable avec son interlocuteur ? On veut bien croire qu'il devait être agressif puisque les sondages le donnent perdant, quelques jours avant l'élection, mais il a exagéré.

Mais, ce faisant, en adoptant une attitude belliqueuse et parfois mesquine, il ne s'est pas rendu service. En traitant son adversaire de menteur (à plusieurs reprises), de "petit calomniateur", et de Ponce Pilate, monsieur Sarkozy n'a pas élevé le niveau du débat. Bien au contraire. Ces mots ne sont pas dignes d'un chef d'état. Sarko a dépassé les bornes de l'acceptable et du fair play. En fait, dans ces écarts de langage et ces excès de combativité, on a bien reconnu le Sarkozy colérique et cassant dont se sont tant inspirés les humoristes. On a revu le Sarkozy "casse-toi pauvre con" qui a fait le tour de la planète via YouTube. Un Sarkozy pas très populiste, pas près des gens humbles du peuple. Curieusement, avant son élection en 2007, cette agressivité de "coq" français a pu contribué à le faire élire. Aujourd'hui elle lui nuit. Hollande a bien exploité ces défauts ou les perceptions négatives qui minent maintenant l'image du candidat de la Droite.

Pour moi, le point tournant du débat a été la fameuse tirade de trois minutes de François Hollande au cours de laquelle il a amorcé une quinzaine de phrases assassines par les mots "Moi, président de la République je...". En brossant un éloquent portrait du style de président qu'il serait, il a visé chaque fois un point faible de son opposant. Des coups bien placés et des arguments pertinents qui ont atteint la cible et qui me font croire que Sarkozy est cuit. Avec des formules frappantes comme "Sarkozy président de tout, responsable de rien", monsieur Hollande a frappé les esprits et emporter leur adhésion à sa cause. Le délicat point concernant le financement amoral de la caisse électorale du parti du président, a été une attaque durement ressentie par celui-ci. Même chose pour le favoritisme dont aurait fait preuve le candidat de la Droite à l'égard de ses amis ou des amis du pouvoir. Que ces assertions soient vraies ou pas, elles ont semé le doute dans les esprits des électeurs. Et qui dit doute dit manque de confiance. Un manque de confiance qui causera vraisemblablement la perte de Sarko.

Bien sûr, au Québec comme en France et dans beaucoup d'autres états démocratiques, c'est le gouvernement qui perd une élection. Ce n'est pas l'opposition qui la gagne. Surtout lorsque la conjoncture économique est cauchemardesque comme elle l'a été dernièrement. C'est bien connu : le pouvoir use et corrompt. Contrairement au président américain, Barack Obama, dont la réélection cette année semble assurée, parce que son adversaire républicain ne semble pas de taille à l'affronter, le président Sarkozy n'aura pas ce luxe devant le très "présidentiable" François Hollande. Ce dernier prend bien soin de ne rien brusquer, de ne pas s'aliéner le vote ethnique (son approche des problèmes d'immigration est plus "douce") et de capitaliser sur les points faibles de son rival. Il apparaît plus ouvert et conciliant. Il est plutôt détendu et positif, et il ne semble pas assoiffé de pouvoir comme son via-à-vis. Les politiciens sont des illusionnistes et, dans cette élection, Hollande, qui ne peut que recueillir des applaudissements (et des votes) du peuple lorsqu'il martèle qu'il fera payer les riches, semble le mieux placé pour faire croire qu'il saura améliorer le sort des Français en prenant en main leur destinée à titre de prochain président de la République.

Les places boursières mondiales ont subi un coup à la baisse il y a quelques jours, face à la perspective que la Gauche s'empare du pouvoir en France. Il n'est pas impossible que l'incertitude liée à cette présumée victoire de monsieur Hollande se fasse sentir encore sur les marchés boursiers. Mais une victoire de la Gauche n'est pas un précédent et ce n'est pas non plus la fin du monde. Les effets négatifs sur les places financières devraient n'être que temporaires...

samedi 27 août 2011

AVANT QUE JACK LAYTON DISPARAISSE À JAMAIS, LES QUÉBÉCOIS AURONT SAISI L'OPPORTUNITÉ DE LUI DIRE QU'ILS L'AIMAIENT...

«La justice sociale se fonde sur l'espoir, sur l'exaltation d'un pays, non sur les pantoufles.» - Charles de Gaulle.

Ces jours derniers à Ottawa et à Toronto, impressionnantes et touchantes ont été les démonstrations d'amour et de reconnaissance du peuple canadien à l'endroit du défunt chef du NPD Jack Layton. Heureusement, pour leur part, les Québécois n'ont pas attendu la mort du leader néo-démocrate pour reconnaître sa valeur, lui témoigner leur affection et leur confiance. En élisant 59 de ses candidats à l'élection du 2 mai dernier, les gens de sa province natale ont récompensé ses efforts en accueillant favorablement son message et ses propositions d'avenir. À travers un océan de cynisme et de désillusion envers la politique et les politiciens, le peuple québécois a vu en cet homme qui savait être prêt d'eux et de leurs préoccupations, une exception à qui ils ont voulu donné une chance de faire ce qu'il promettait : «un meilleur pays, un pays plus juste et équitable.» Un pays où les aînés, les malades, les plus faibles et les plus pauvres ne seraient pas laissés pour compte. Un pays où on s'assurerait de mieux répartir la richesse entre ses habitants. Un pays plus soucieux de la qualité de son environnement et de sa responsabilité de servir d'exemple pour l'ensemble des humains qui peuplent la planète terre.



Vous ne pouvez pas prôner de telles valeurs ou demander à vos concitoyens de vous suivre pour atteindre de pareils objectifs sans incarner vous-même ce que vous prêchez. Descendant d'un des Pères de la Confédération canadienne, né dans une famille où on est politicien de père en fils, possédant un charisme assez rare, Jack Layton était destiné à la carrière qu'il a connue. Comme trop de gens qui exercent le même métier que lui, il aurait pu se servir de ses talents de communicateur pour tromper ou leurrer les électeurs, leur faire de fausses promesses. Des adversaires et des caricaturistes se sont bien moqués de son idéalisme simpliste, de son jovialisme naïf, de ses idées nobles mais teintées de rêve et d'irréalisme, de son incapacité à être pris au sérieux par la population. Mais le "bon Jack" a persévéré et il est parvenu à convaincre une partie considérable de la population canadienne du bien-fondé de ses propositions, de la faisabilité des projets du NPD. Tout le programme du parti orange n'étant après tout, qu'une redéfinition des priorités socio-économiques et un nouveau partage des ressources.




Le sort aura voulu que son célèbre sourire et son éternel optimisme soient mis à rude épreuve par la maladie dans les dernières années de sa vie. Entouré d'amour par ses proches, supporté par ses amis et ses partisans, Layton a fait face vigoureusement à l'adversité, sans se plaindre, discrètement, en démontrant un courage admirable, une ténacité incroyable et une foi intarissable en l'avenir. Comme pendant toute sa vie, il a tenu le gouvernail du vaisseau de ses convictions, d'une main ferme, jusqu'à la fin... Que faut-il de plus pour inspirer toute une nation, pour stimuler passionnément l'espoir de la jeunesse du pays, et pour inciter les Canadiens d'un océan à l'autre à mettre de côté leur cynisme et leur passivité afin de croire qu'ils peuvent changer le monde par leur vote et leurs actions, s'ils le veulent vraiment ?


«Je ne connais pas d'autres marques de supériorité que la bonté.» - Ludwig van Beethoven.


Suit un diaporama sur la vie du "bon Jack", accompagné de la musique du groupe Alabama qui chante GOODBYE...




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vendredi 24 juin 2011

KATY PERRY : QUAND TROP C'EST TROP, LES RIGOLOS S'EN DONNENT À COEUR JOIE !


Avec l'explosion du phénomène YOUTUBE, rien n'est impossible à qui veut s'exprimer sur le web. Ainsi, des personnes au sens de l'humour très développé, ne disposant pas d'un gros budget, mais qui ont l'imagination fertile, peuvent s'amuser à parodier des méga-productions du genre des vidéos de Lady Gaga ou de Katy Perry. Ces deux-là, en particulier, ne se contentent pas de monopoliser les premières places des palmarès grâce à leurs nombreux "hits". Elles rivalisent d'extravagance, d'hyper-sexualisation et d'excentricité. Leur imagination débridée est propulsée par des moyens techniques et financiers impressionnants, pour nous en mettre plein la vue ! Parfois elles dépassent les limites de la décence et du bon goût. Mais c'est justement ce qu'elles veulent pour faire parler d'elles, activer la machine publicitaire et mousser encore davantage leur popularité ! Jusqu'où iront ces deux filles délurées et complètement déchaînées ? Jusqu'à un point de saturation où on les aura trop vues ? Jusqu'à ce que leurs "débordements" ne nous fassent plus rire ?


La chanteuse Katy Perry, qui fait présentement la Une du magazine ROLLING STONE, a tendance à pécher par excès de "grosseur" depuis le jour où, à l'âge de onze ans, elle a commencé à prier pour que ses seins poussent. «Dieu a bien répondu à ma prière et même au-delà de mes espérances, raconte-t-elle. Jusqu'à ce que je lui dise : "S'il te plait, arrête, je ne peux plus voir mes pieds". Au lycée, on m'appelait "la femme poitrine". Je ne savais pas quoi faire, j'ai commencé à les écraser (sous ses vêtements, avec des tissus adhésifs) vers mes 19 ans.» Aujourd'hui, au contraire, Katy fait flèche de tout bois avec sa plantureuse poitrine ! Elle la met tellement en évidence en fait, que, comme on le dit parfois, "trop c'est comme pas assez". Un peu comme dans sa fameuse vidéo de la chanson CALIFORNIA GURLS. Une orgie virtuelle de bonbons, de glaces de toutes les saveurs, de crème fouettée, de sucreries plus colorées les unes que les autres ! Un véritable déluge de sucre et de calories, à en avoir mal au ventre et aux dents ! Bien sûr, l'affriolante Katy est sexy à souhait et elle se démène pour être la "cerise sur le sundae" dans toute cette avalanche de gâteries ! Il y a beaucoup de belles trouvailles visuelles dans les effets spéciaux qui enrichissent le clip, mais la mise en scène, ou le scénario, laisse à désirer. Évidemment, plus un artiste ou une vidéo sont populaires, plus les humoristes veulent les parodier. C'est de bonne guerre, surtout quand la star et son oeuvre sont hautes en couleurs et transgressent les frontières de ce que l'on croyait possible ou permis.


C'est ainsi que des rigolos ont transformé la vidéo de "California Gurls" en une hilarante réplique des "California Boys". Une connerie à se tordre de rire, qui a déjà été vue par près de dix-huit millions de personnes sur YouTube. Un contenu salé et moqueur pour contre-balancer les excès de sucre qui submergent la vidéo de cette belle Katy "givrée" ! Ce qui est à la fois surprenant et navrant, c'est que la quasi-totalité des personnes qui ont écrit des commentaires en réaction à cette grosse farce, ne vont pas plus loin que le premier degré d'appréciation. On se limite superficiellement à juger l'apparence des acteurs âgés du clip, en les qualifiant de dégoûtants, dégueulasses, voire même cauchemardesques ! "Come on" ! C'est de l'humour ! Et comme le disait si bien l'acteur, écrivain et humoriste français Francis Blanche (1921-1974, photo ci-dessus) : «Il y a des gens qui sont chauves au-dedans de la tête : ce sont ceux qui n'ont pas le sens de l'humour».


mercredi 27 avril 2011

ÉLECTIONS FÉDÉRALES 2011 : SEUL LAYTON PEUT PRÉTENDRE INCARNER UN RENOUVEAU OU UN CHANGEMENT RÉEL



Jack Layton et le NPD sont en hausse dans les sondages à la veille de l'élection générale du 2 mai au Canada. Pourtant, les récents problèmes de santé du chef des Néo-Démocrates faisaient en sorte que c'est cette formation politique qui avait le moins intérêt à faire face à un scrutin au moment présent. Les observateurs de la scène politique ne donnaient pas cher de leur peau et certains évoquaient même la quasi-disparition de ce parti aux idées gauchistes. Mais voilà, un vent de changement souffle dans quelques régions du pays, y compris au Québec. Les gens sont cyniques envers les vieux partis qu'ils jugent corrompus ou à la solde des puissances d'argent. Un bon nombre de Québécois semblent s'être lassés du Bloc et de ce que Gilles Duceppe peut leur apporter concrètement. Encore pris dans les relents de la dernière récession, les Conservateurs ne parlent que de reprise économique, d'autant plus que le Premier Ministre Harper est dans son élément quand il discourt là-dessus, puisqu'il est économiste de formation. Mais il n'y a pas que des enjeux économiques dans notre société. Les difficultés de notre système de santé, les problèmes sociaux et la qualité de notre environnement préoccupent également les Canadiens. Les Libéraux parlent du gaspillage des fonds publics et du manque d'éthique du gouvernement, mais ils ne sont guère crédibles puisque la population les associe encore au scandale des commandites. Leur chef Michael Ignatieff ne semble pas non plus passer la rampe auprès du public. Il a manifestement un problème d'image.

Le Bloc et le PLC sont vraiment en difficultés pour qu'ils jugent nécessaires de lancer un SOS à de vieux politiciens dépassés comme Jacques Parizeau et Jean Chrétien. Si, comme les Américains avec Obama aux USA, les Canadiens veulent du changement, ce n'est pas en ramenant en avant-scène de tels dinosaures que les bloquistes et les libéraux vont séduire l'électorat. Les Conservateurs ont une base électorale solide dans l'Ouest et ils pourraient même faire des gains en Ontario en raison de la faiblesse des Libéraux. C'est aussi dans ces régions que leur discours économique sera le mieux reçu parce que c'est là que le gouvernement s'est montré le plus généreux (subventions aux pétrolières et aide au redressement de l'industrie de l'automobile). Mais ailleurs, dans les coins les moins favorisés du pays, le programme du NPD, axé sur une meilleure redistribution de la richesse collective et une amélioration des mesures sociales, trouvera des partisans. Surtout après la récession que nous avons connue et qui a laissé des traces. Comme le disait Layton durant les débats télévisés plus tôt dans la campagne électorale, tout est une question de priorité, de ce que l'on fait avec l'argent des taxes et des impôts. Je crois qu'il a cogné sur le bon clou en disant que les vieux partis sont au service des grosses entreprises et des mieux nantis de notre société. Layton semble sympathique aux yeux des gens ordinaires alors que Harper et Ignatieff semblent froids et mal à l'aise en public. Le chaleureux et accessible "bon Jack" profite de ses talents de populiste pour attirer le vote de l'électorat de la classe la moins bien nantie, de même que celui de la classe moyenne.

Cela fait quand même bizarre de voir que les idées de gauche véhiculées par le NPD trouvent preneurs au moment où celles de la droite semblent si bien ancrées depuis quelques années au Canada. Peut-être que les électeurs voteront surtout pour le chef néo-démocrate sans trop connaître ses orientations politiques ou sa plate-forme électorale. Il est vrai que bien des items de son programme sont flous et difficiles à évaluer en termes de finances publiques. Mais Layton est un politicien chevronné qui, comme Obama chez nos voisins du sud, sait comment parler et comment convaincre le monde ordinaire. Surtout quand les conditions sont bonnes et que le momentum est de son bord. Son autre grand atout, c'est qu'il arrive souvent que des gens blasés et écoeurés votent bien plus contre un gouvernement que pour un nouveau parti. Au niveau national, le NPD n'a pas à défendre un bilan entaché par des scandales et des coches mal taillées puisqu'il n'a jamais été usé par le pouvoir.


L'écrivain français Jean Guéhenno (dans son livre CHANGER LA VIE) a décrit savamment ce phénomène du beau parleur qui sait séduire les masses populaires ou ses interlocuteurs : «Celui qui parle le mieux l'emporte toujours, et c'est un bien bel art que celui de savoir rendre petites les choses grandes et grandes les choses petites, de rester en toutes circonstances, le maître des définitions, et de fixer l'ordre et la règle.»

Layton et le NPD ne remporteront pas l'élection du 2 mai prochain, mais ils risquent d'en être les grands gagnants, eux qui devaient en être les grands perdants. S'ils forment l'opposition officielle à Ottawa (surtout si le gouvernement est minoritaire), je pense que ça peut enrichir la qualité des débat démocratiques à la Chambre des Communes et ça peut aussi favoriser des échanges plus constructifs pour le bien du pays et de ses habitants.


mercredi 8 décembre 2010

LOUIS-JOSÉ HOUDE NE DEVRAIT PAS CHERCHER À VOLER LE SHOW AU GALA DE L'ADISQ...


Il me semble que les artistes québécois ont peu d'occasions de faire valoir leurs talents par le truchement de la télévision. Compte tenu de l'importance de la place du petit écran dans nos vies quotidiennes, parce que l'industrie du disque en arrache au Québec, parce que nos musiciens et nos chanteurs ont besoin d'une vitrine pour montrer leur savoir-faire, et parce que la promotion de notre culture est primordiale pour la vitalité de notre communauté francophone d'Amérique, on a pas le droit de gâcher le Gala de l'ADISQ comme on l'a fait encore cette année. Comble de malheur, non seulement on a gaspillé le contenu (en grande partie), mais on a négligé le contenant, le côté technique (éclairage, prise de vue et de son, cadrage, choix des plans ou des champs de vision des caméras, etc). Pour ce genre d'évènement pourtant, jouissant d'une grande exposition devant un vaste auditoire, dans cette industrie où la créativité et la beauté de l'image sont tellement essentielles, ce sont des amateurs qui semblent s'en être occupée dimanche soir à Montréal.

Pour la grande fête de la musique et de la chanson québécoise, le temps devrait être compté et utilisé précieusement afin que les téléspectateurs découvrent ou apprécient à leur juste valeur nos artistes, surtout ceux qui ont des moyens limités pour se faire connaître du grand public, et pour qui c'est d'autant plus vital. Dans ces circonstances, comment expliquer qu'on laisse la scène pendant la moitié du temps à un humoriste déjà plein aux as comme Louis-José Houde ? A-t-on vraiment besoin de donner une grosse partie du budget du Gala à un pitre qui n'est même pas drôle, qui improvise des conneries et semble là pour régler des comptes personnels (son histoire de billets sur le net, etc) ? On se plaint déjà que les humoristes occupent une trop grande place dans le show bizz québécois, pourquoi en rajouter au gala des artistes ? Il n'y a pas assez de bons animateurs de télé ou de radio, il n'y a pas suffisamment d'interprètes, de chanteurs, d'auteurs ou de compositeurs (dont la communication est justement le métier) pour présenter ce spectacle et honorer les gens de l'industrie ? Au Gala des Oliviers (humoristes), est-ce que l'on confie l'animation à Marie-Mai ou à Fred Pellerin ? Houde était perdu dans ses farces plates et il n'était même pas capable d'enchaîner, de faire des liens entre les parties du show, de faire des présentations qui se tiennent ou des transitions intelligentes. Vivement un changement d'animateur pour le prochain gala. La farce plate de Houde a déjà trop durée... C'est n'importe quoi, et de la pire espèce...


Je trouve que l'on perd aussi du temps avec l'interminable défilé des présentateurs de trophées. En mettant l'accent sur les nominés (ce qui serait tout naturel et logique de faire) on pourrait avoir davantage recours à des présentations audio-visuelles des artistes en montrant des extraits d'entrevues, de spectacles, de témoignages d'amis, de parents, de gens du métier ou du public. En ce qui concerne les dix chansons les plus populaires de l'année, qui sont les mieux placés pour les chanter que leurs interprètes eux-mêmes, quitte à se faire accompagner par d'autres chanteurs qui ajoutent vraiment quelque chose de bien au produit original ? En même temps, on aimerait savoir ce qui a inspiré ces mélodies ou comment leurs interprètes les comprennent ou les sentent...

Au-delà du choix des gagnants des Félix, pour lequel on est d'accord ou pas selon nos goûts personnels, les amateurs de musique et de chansons veulent découvrir ou en savoir plus sur des artistes qu'ils n'ont peut-être pas la chance ou le temps d'apprendre à connaître. Quelques éléments de biographie, les propres mots des artistes pour se décrire eux-mêmes et nous faire partager leur vision de l'art ou de la vie, ne seraient pas superflus. Dans ces vidéos, on pourrait aussi afficher ou mentionner les principaux collaborateurs, gérants ou employés des maisons de disque que les artistes prennent trop de temps à énumérer lors de leur trop long discours de remerciements. Ce serait encore du temps de sauvé...pour la qualité du contenu du gala.

Certains diront que ces remarques sont des voeux pieux et que ça ne fonctionne pas comme ça dans le show bizz québécois. L'ADISQ c'est une petite chapelle d'initiés qui ne récompensent que ceux qui payent pour en faire partie. Ce n'est surtout pas un organisme qui reflète la réalité de l'industrie du disque et du spectacle au Québec... Je le sais. Tous les genres musicaux, les communautés ethniques ou les artistes en émergence ne peuvent en faire partie. Hélas ! On en est réduit à ergoter sur un mystère aussi oiseux que l'oeuf ou la poule pour expliquer pourquoi Nicole Martin ou Chantal Pary, qui sont disparues de la scène depuis trente ans, occupent les premières places du palmarès des ventes d'albums au Québec avec les reprises de leurs anciennes chansons. Peut-être que si, par le tremplin d'évènements comme des galas d'artistes, on donnait l'opportunité à des jeunes de percer ou de s'affirmer davantage sur la scène musicale, ce serait ces nouveaux talents qui vendraient le plus le fruit de leur labeur.

Bref, pour la fête télévisée de la musique et de la chanson : donnez le micro et la scène aux vrais artistes, à ceux qui ont quelque chose de bon, de neuf et d'original à proposer. Ne laissez pas le plancher aux bouffons animateurs et aux "m'as-tu vu" présentateurs, trop contents de voler le show !