PLEIN MON CASQUE !
"La liste est bien trop longue de tout ce qui m'écoeure" Renaud
vendredi 4 mai 2012
DÉBAT ENTRE SARKOZY ET HOLLANDE : QUELQUES MOTS DE TROP DU PRÉSIDENT SORTANT.
Les Français trouvent souvent les Québécois rigolos "avec leur accent" et leur façon pittoresque de s'exprimer. Les "cousins", qu'est-ce qu'ils sont marrants et "sympa", s'empressent-ils d'ajouter, d'un ton plutôt condescendant, lorsqu'ils rencontrent des gens du Québec, leur ancienne colonie d'Amérique. Ce qu'ils ignorent peut-être, c'est que c'est réciproque. Les Québécois se bidonnent tout autant en observant les "maudits français". À commencer par leur président, Nicolas Sarkozy, qui fait sourire et rire par ses emportements, ses coups de gueule, ses tics nerveux, ses excès d'orgueil et ses abus de pouvoir (comme en témoigne la photo ci-dessus !). Un peu comme des membres de la parenté qui se tapent un peu sur les nerfs mais qui, dans le fond, s'aiment bien quand même, on se montre curieux et on tient à garder un oeil sur ce qui se passe de part et d'autre, des deux côtés de l'Atlantique. C'est ainsi que, histoire de me mettre à jour sur ce qui se passe en France, je ne voulais pas manquer le débat télévisé de mercredi soir entre Sarkozy et Hollande, avec à l'enjeu la présidence du pays de nos ancêtres pour les cinq prochaines années.
La joute oratoire que ce sont livrée les deux candidats à l'élection présidentielle de dimanche prochain a été franchement intéressante. J'ai trouvé que, tactiquement, le candidat de la Gauche a été très habile. Forçant constamment le président sortant à défendre son bilan (ce que monsieur Sarkozy a fait vigoureusement), François Hollande ne lui a guère laissé le loisir de nous faire découvrir son programme pour l'avenir. L'impression que cette stratégie a laissé dans l'esprit des 17 millions de téléspectateurs, c'est que c'est le candidat socialiste qui incarne le renouveau et le changement face à la situation difficile dans laquelle se retrouve l'état français.
Au fond, monsieur Hollande a dit ce que les Français voulaient entendre. Ce qui est un gage de succès pour convaincre le public et gagner une élection. Lucide et conscient des lourdes responsabilités qui l'attendent s'il devient président de la République, il n'a pas caché que le peuple de France devra vivre une période d'austérité avant d'espérer se sortir de la crise dans laquelle toute l'Europe est plongée. Droite et Gauche ont leurs partisans indéfectibles. Pour gagner l'élection il faut faire voter en sa faveur les centristes et les indécis. C'est pourquoi monsieur Hollande a joué la carte du candidat du rassemblement, de la mobilisation de tous les Français, de la justice sociale et fiscale, du redressement économique. Bien sûr il faut diminuer les dépenses de l'État face à l'hydre de la crise des dettes souveraines. Mais l'adversaire du président a souligné que, à trop vouloir couper dans des services comme l'éducation et la gendarmerie, on augmente le chômage, ce qui, à son tour, a des conséquences néfastes sur la consommation et la croissance économique. Si tous les gouvernements font des coupures drastiques au même moment, on est pas plus avancé et on peut même retourner en récession.
Plus que les guerres de chiffres et d'argumentation, qui sont assez complexes et qui ont pu rebuter plusieurs téléspectateurs, c'est la personnalité des deux chefs qui est ressortie lors de ce duel assez corsé. C'est d'ailleurs souvent le cas. À les entendre s'accuser de dire des faussetés ou des demi-vérités, on en vient à douter nous-mêmes de leurs paroles. Restent alors des impressions, une image, un sentiment qui persistent après avoir entendu et vu les deux hommes se disputer la faveur du public. Moi, qui, comme canadien, est plutôt neutre dans cette bataille présidentielle, j'ai d'abord été impressionné de voir Sarkozy défendre si âprement son quinquennat. Il possède bien ses dossiers, ce qui est un peu normal pour un président en exercice. Mais c'est le ton qu'il a employé qui m'a déplu, au fur et à mesure que le débat de deux heures 45 minutes avançait. Pourquoi a-t-il été si désagréable avec son interlocuteur ? On veut bien croire qu'il devait être agressif puisque les sondages le donnent perdant, quelques jours avant l'élection, mais il a exagéré.
Mais, ce faisant, en adoptant une attitude belliqueuse et parfois mesquine, il ne s'est pas rendu service. En traitant son adversaire de menteur (à plusieurs reprises), de "petit calomniateur", et de Ponce Pilate, monsieur Sarkozy n'a pas élevé le niveau du débat. Bien au contraire. Ces mots ne sont pas dignes d'un chef d'état. Sarko a dépassé les bornes de l'acceptable et du fair play. En fait, dans ces écarts de langage et ces excès de combativité, on a bien reconnu le Sarkozy colérique et cassant dont se sont tant inspirés les humoristes. On a revu le Sarkozy "casse-toi pauvre con" qui a fait le tour de la planète via YouTube. Un Sarkozy pas très populiste, pas près des gens humbles du peuple. Curieusement, avant son élection en 2007, cette agressivité de "coq" français a pu contribué à le faire élire. Aujourd'hui elle lui nuit. Hollande a bien exploité ces défauts ou les perceptions négatives qui minent maintenant l'image du candidat de la Droite.
Pour moi, le point tournant du débat a été la fameuse tirade de trois minutes de François Hollande au cours de laquelle il a amorcé une quinzaine de phrases assassines par les mots "Moi, président de la République je...". En brossant un éloquent portrait du style de président qu'il serait, il a visé chaque fois un point faible de son opposant. Des coups bien placés et des arguments pertinents qui ont atteint la cible et qui me font croire que Sarkozy est cuit. Avec des formules frappantes comme "Sarkozy président de tout, responsable de rien", monsieur Hollande a frappé les esprits et emporter leur adhésion à sa cause. Le délicat point concernant le financement amoral de la caisse électorale du parti du président, a été une attaque durement ressentie par celui-ci. Même chose pour le favoritisme dont aurait fait preuve le candidat de la Droite à l'égard de ses amis ou des amis du pouvoir. Que ces assertions soient vraies ou pas, elles ont semé le doute dans les esprits des électeurs. Et qui dit doute dit manque de confiance. Un manque de confiance qui causera vraisemblablement la perte de Sarko.
Bien sûr, au Québec comme en France et dans beaucoup d'autres états démocratiques, c'est le gouvernement qui perd une élection. Ce n'est pas l'opposition qui la gagne. Surtout lorsque la conjoncture économique est cauchemardesque comme elle l'a été dernièrement. C'est bien connu : le pouvoir use et corrompt. Contrairement au président américain, Barack Obama, dont la réélection cette année semble assurée, parce que son adversaire républicain ne semble pas de taille à l'affronter, le président Sarkozy n'aura pas ce luxe devant le très "présidentiable" François Hollande. Ce dernier prend bien soin de ne rien brusquer, de ne pas s'aliéner le vote ethnique (son approche des problèmes d'immigration est plus "douce") et de capitaliser sur les points faibles de son rival. Il apparaît plus ouvert et conciliant. Il est plutôt détendu et positif, et il ne semble pas assoiffé de pouvoir comme son via-à-vis. Les politiciens sont des illusionnistes et, dans cette élection, Hollande, qui ne peut que recueillir des applaudissements (et des votes) du peuple lorsqu'il martèle qu'il fera payer les riches, semble le mieux placé pour faire croire qu'il saura améliorer le sort des Français en prenant en main leur destinée à titre de prochain président de la République.
Les places boursières mondiales ont subi un coup à la baisse il y a quelques jours, face à la perspective que la Gauche s'empare du pouvoir en France. Il n'est pas impossible que l'incertitude liée à cette présumée victoire de monsieur Hollande se fasse sentir encore sur les marchés boursiers. Mais une victoire de la Gauche n'est pas un précédent et ce n'est pas non plus la fin du monde. Les effets négatifs sur les places financières devraient n'être que temporaires...
samedi 27 août 2011
AVANT QUE JACK LAYTON DISPARAISSE À JAMAIS, LES QUÉBÉCOIS AURONT SAISI L'OPPORTUNITÉ DE LUI DIRE QU'ILS L'AIMAIENT...
Ces jours derniers à Ottawa et à Toronto, impressionnantes et touchantes ont été les démonstrations d'amour et de reconnaissance du peuple canadien à l'endroit du défunt chef du NPD Jack Layton. Heureusement, pour leur part, les Québécois n'ont pas attendu la mort du leader néo-démocrate pour reconnaître sa valeur, lui témoigner leur affection et leur confiance. En élisant 59 de ses candidats à l'élection du 2 mai dernier, les gens de sa province natale ont récompensé ses efforts en accueillant favorablement son message et ses propositions d'avenir. À travers un océan de cynisme et de désillusion envers la politique et les politiciens, le peuple québécois a vu en cet homme qui savait être prêt d'eux et de leurs préoccupations, une exception à qui ils ont voulu donné une chance de faire ce qu'il promettait : «un meilleur pays, un pays plus juste et équitable.» Un pays où les aînés, les malades, les plus faibles et les plus pauvres ne seraient pas laissés pour compte. Un pays où on s'assurerait de mieux répartir la richesse entre ses habitants. Un pays plus soucieux de la qualité de son environnement et de sa responsabilité de servir d'exemple pour l'ensemble des humains qui peuplent la planète terre.
Vous ne pouvez pas prôner de telles valeurs ou demander à vos concitoyens de vous suivre pour atteindre de pareils objectifs sans incarner vous-même ce que vous prêchez. Descendant d'un des Pères de la Confédération canadienne, né dans une famille où on est politicien de père en fils, possédant un charisme assez rare, Jack Layton était destiné à la carrière qu'il a connue. Comme trop de gens qui exercent le même métier que lui, il aurait pu se servir de ses talents de communicateur pour tromper ou leurrer les électeurs, leur faire de fausses promesses. Des adversaires et des caricaturistes se sont bien moqués de son idéalisme simpliste, de son jovialisme naïf, de ses idées nobles mais teintées de rêve et d'irréalisme, de son incapacité à être pris au sérieux par la population. Mais le "bon Jack" a persévéré et il est parvenu à convaincre une partie considérable de la population canadienne du bien-fondé de ses propositions, de la faisabilité des projets du NPD. Tout le programme du parti orange n'étant après tout, qu'une redéfinition des priorités socio-économiques et un nouveau partage des ressources.
Le sort aura voulu que son célèbre sourire et son éternel optimisme soient mis à rude épreuve par la maladie dans les dernières années de sa vie. Entouré d'amour par ses proches, supporté par ses amis et ses partisans, Layton a fait face vigoureusement à l'adversité, sans se plaindre, discrètement, en démontrant un courage admirable, une ténacité incroyable et une foi intarissable en l'avenir. Comme pendant toute sa vie, il a tenu le gouvernail du vaisseau de ses convictions, d'une main ferme, jusqu'à la fin... Que faut-il de plus pour inspirer toute une nation, pour stimuler passionnément l'espoir de la jeunesse du pays, et pour inciter les Canadiens d'un océan à l'autre à mettre de côté leur cynisme et leur passivité afin de croire qu'ils peuvent changer le monde par leur vote et leurs actions, s'ils le veulent vraiment ?
«Je ne connais pas d'autres marques de supériorité que la bonté.» - Ludwig van Beethoven.
Suit un diaporama sur la vie du "bon Jack", accompagné de la musique du groupe Alabama qui chante GOODBYE...
vendredi 24 juin 2011
KATY PERRY : QUAND TROP C'EST TROP, LES RIGOLOS S'EN DONNENT À COEUR JOIE !
Avec l'explosion du phénomène YOUTUBE, rien n'est impossible à qui veut s'exprimer sur le web. Ainsi, des personnes au sens de l'humour très développé, ne disposant pas d'un gros budget, mais qui ont l'imagination fertile, peuvent s'amuser à parodier des méga-productions du genre des vidéos de Lady Gaga ou de Katy Perry. Ces deux-là, en particulier, ne se contentent pas de monopoliser les premières places des palmarès grâce à leurs nombreux "hits". Elles rivalisent d'extravagance, d'hyper-sexualisation et d'excentricité. Leur imagination débridée est propulsée par des moyens techniques et financiers impressionnants, pour nous en mettre plein la vue ! Parfois elles dépassent les limites de la décence et du bon goût. Mais c'est justement ce qu'elles veulent pour faire parler d'elles, activer la machine publicitaire et mousser encore davantage leur popularité ! Jusqu'où iront ces deux filles délurées et complètement déchaînées ? Jusqu'à un point de saturation où on les aura trop vues ? Jusqu'à ce que leurs "débordements" ne nous fassent plus rire ?
La chanteuse Katy Perry, qui fait présentement la Une du magazine ROLLING STONE, a tendance à pécher par excès de "grosseur" depuis le jour où, à l'âge de onze ans, elle a commencé à prier pour que ses seins poussent. «Dieu a bien répondu à ma prière et même au-delà de mes espérances, raconte-t-elle. Jusqu'à ce que je lui dise : "S'il te plait, arrête, je ne peux plus voir mes pieds". Au lycée, on m'appelait "la femme poitrine". Je ne savais pas quoi faire, j'ai commencé à les écraser (sous ses vêtements, avec des tissus adhésifs) vers mes 19 ans.» Aujourd'hui, au contraire, Katy fait flèche de tout bois avec sa plantureuse poitrine ! Elle la met tellement en évidence en fait, que, comme on le dit parfois, "trop c'est comme pas assez". Un peu comme dans sa fameuse vidéo de la chanson CALIFORNIA GURLS. Une orgie virtuelle de bonbons, de glaces de toutes les saveurs, de crème fouettée, de sucreries plus colorées les unes que les autres ! Un véritable déluge de sucre et de calories, à en avoir mal au ventre et aux dents ! Bien sûr, l'affriolante Katy est sexy à souhait et elle se démène pour être la "cerise sur le sundae" dans toute cette avalanche de gâteries ! Il y a beaucoup de belles trouvailles visuelles dans les effets spéciaux qui enrichissent le clip, mais la mise en scène, ou le scénario, laisse à désirer. Évidemment, plus un artiste ou une vidéo sont populaires, plus les humoristes veulent les parodier. C'est de bonne guerre, surtout quand la star et son oeuvre sont hautes en couleurs et transgressent les frontières de ce que l'on croyait possible ou permis.
C'est ainsi que des rigolos ont transformé la vidéo de "California Gurls" en une hilarante réplique des "California Boys". Une connerie à se tordre de rire, qui a déjà été vue par près de dix-huit millions de personnes sur YouTube. Un contenu salé et moqueur pour contre-balancer les excès de sucre qui submergent la vidéo de cette belle Katy "givrée" ! Ce qui est à la fois surprenant et navrant, c'est que la quasi-totalité des personnes qui ont écrit des commentaires en réaction à cette grosse farce, ne vont pas plus loin que le premier degré d'appréciation. On se limite superficiellement à juger l'apparence des acteurs âgés du clip, en les qualifiant de dégoûtants, dégueulasses, voire même cauchemardesques ! "Come on" ! C'est de l'humour ! Et comme le disait si bien l'acteur, écrivain et humoriste français Francis Blanche (1921-1974, photo ci-dessus) : «Il y a des gens qui sont chauves au-dedans de la tête : ce sont ceux qui n'ont pas le sens de l'humour».
mercredi 27 avril 2011
ÉLECTIONS FÉDÉRALES 2011 : SEUL LAYTON PEUT PRÉTENDRE INCARNER UN RENOUVEAU OU UN CHANGEMENT RÉEL
Jack Layton et le NPD sont en hausse dans les sondages à la veille de l'élection générale du 2 mai au Canada. Pourtant, les récents problèmes de santé du chef des Néo-Démocrates faisaient en sorte que c'est cette formation politique qui avait le moins intérêt à faire face à un scrutin au moment présent. Les observateurs de la scène politique ne donnaient pas cher de leur peau et certains évoquaient même la quasi-disparition de ce parti aux idées gauchistes. Mais voilà, un vent de changement souffle dans quelques régions du pays, y compris au Québec. Les gens sont cyniques envers les vieux partis qu'ils jugent corrompus ou à la solde des puissances d'argent. Un bon nombre de Québécois semblent s'être lassés du Bloc et de ce que Gilles Duceppe peut leur apporter concrètement. Encore pris dans les relents de la dernière récession, les Conservateurs ne parlent que de reprise économique, d'autant plus que le Premier Ministre Harper est dans son élément quand il discourt là-dessus, puisqu'il est économiste de formation. Mais il n'y a pas que des enjeux économiques dans notre société. Les difficultés de notre système de santé, les problèmes sociaux et la qualité de notre environnement préoccupent également les Canadiens. Les Libéraux parlent du gaspillage des fonds publics et du manque d'éthique du gouvernement, mais ils ne sont guère crédibles puisque la population les associe encore au scandale des commandites. Leur chef Michael Ignatieff ne semble pas non plus passer la rampe auprès du public. Il a manifestement un problème d'image.
Le Bloc et le PLC sont vraiment en difficultés pour qu'ils jugent nécessaires de lancer un SOS à de vieux politiciens dépassés comme Jacques Parizeau et Jean Chrétien. Si, comme les Américains avec Obama aux USA, les Canadiens veulent du changement, ce n'est pas en ramenant en avant-scène de tels dinosaures que les bloquistes et les libéraux vont séduire l'électorat. Les Conservateurs ont une base électorale solide dans l'Ouest et ils pourraient même faire des gains en Ontario en raison de la faiblesse des Libéraux. C'est aussi dans ces régions que leur discours économique sera le mieux reçu parce que c'est là que le gouvernement s'est montré le plus généreux (subventions aux pétrolières et aide au redressement de l'industrie de l'automobile). Mais ailleurs, dans les coins les moins favorisés du pays, le programme du NPD, axé sur une meilleure redistribution de la richesse collective et une amélioration des mesures sociales, trouvera des partisans. Surtout après la récession que nous avons connue et qui a laissé des traces. Comme le disait Layton durant les débats télévisés plus tôt dans la campagne électorale, tout est une question de priorité, de ce que l'on fait avec l'argent des taxes et des impôts. Je crois qu'il a cogné sur le bon clou en disant que les vieux partis sont au service des grosses entreprises et des mieux nantis de notre société. Layton semble sympathique aux yeux des gens ordinaires alors que Harper et Ignatieff semblent froids et mal à l'aise en public. Le chaleureux et accessible "bon Jack" profite de ses talents de populiste pour attirer le vote de l'électorat de la classe la moins bien nantie, de même que celui de la classe moyenne.
Cela fait quand même bizarre de voir que les idées de gauche véhiculées par le NPD trouvent preneurs au moment où celles de la droite semblent si bien ancrées depuis quelques années au Canada. Peut-être que les électeurs voteront surtout pour le chef néo-démocrate sans trop connaître ses orientations politiques ou sa plate-forme électorale. Il est vrai que bien des items de son programme sont flous et difficiles à évaluer en termes de finances publiques. Mais Layton est un politicien chevronné qui, comme Obama chez nos voisins du sud, sait comment parler et comment convaincre le monde ordinaire. Surtout quand les conditions sont bonnes et que le momentum est de son bord. Son autre grand atout, c'est qu'il arrive souvent que des gens blasés et écoeurés votent bien plus contre un gouvernement que pour un nouveau parti. Au niveau national, le NPD n'a pas à défendre un bilan entaché par des scandales et des coches mal taillées puisqu'il n'a jamais été usé par le pouvoir.
L'écrivain français Jean Guéhenno (dans son livre CHANGER LA VIE) a décrit savamment ce phénomène du beau parleur qui sait séduire les masses populaires ou ses interlocuteurs : «Celui qui parle le mieux l'emporte toujours, et c'est un bien bel art que celui de savoir rendre petites les choses grandes et grandes les choses petites, de rester en toutes circonstances, le maître des définitions, et de fixer l'ordre et la règle.»
Layton et le NPD ne remporteront pas l'élection du 2 mai prochain, mais ils risquent d'en être les grands gagnants, eux qui devaient en être les grands perdants. S'ils forment l'opposition officielle à Ottawa (surtout si le gouvernement est minoritaire), je pense que ça peut enrichir la qualité des débat démocratiques à la Chambre des Communes et ça peut aussi favoriser des échanges plus constructifs pour le bien du pays et de ses habitants.
mercredi 8 décembre 2010
LOUIS-JOSÉ HOUDE NE DEVRAIT PAS CHERCHER À VOLER LE SHOW AU GALA DE L'ADISQ...
Il me semble que les artistes québécois ont peu d'occasions de faire valoir leurs talents par le truchement de la télévision. Compte tenu de l'importance de la place du petit écran dans nos vies quotidiennes, parce que l'industrie du disque en arrache au Québec, parce que nos musiciens et nos chanteurs ont besoin d'une vitrine pour montrer leur savoir-faire, et parce que la promotion de notre culture est primordiale pour la vitalité de notre communauté francophone d'Amérique, on a pas le droit de gâcher le Gala de l'ADISQ comme on l'a fait encore cette année. Comble de malheur, non seulement on a gaspillé le contenu (en grande partie), mais on a négligé le contenant, le côté technique (éclairage, prise de vue et de son, cadrage, choix des plans ou des champs de vision des caméras, etc). Pour ce genre d'évènement pourtant, jouissant d'une grande exposition devant un vaste auditoire, dans cette industrie où la créativité et la beauté de l'image sont tellement essentielles, ce sont des amateurs qui semblent s'en être occupée dimanche soir à Montréal.
Pour la grande fête de la musique et de la chanson québécoise, le temps devrait être compté et utilisé précieusement afin que les téléspectateurs découvrent ou apprécient à leur juste valeur nos artistes, surtout ceux qui ont des moyens limités pour se faire connaître du grand public, et pour qui c'est d'autant plus vital. Dans ces circonstances, comment expliquer qu'on laisse la scène pendant la moitié du temps à un humoriste déjà plein aux as comme Louis-José Houde ? A-t-on vraiment besoin de donner une grosse partie du budget du Gala à un pitre qui n'est même pas drôle, qui improvise des conneries et semble là pour régler des comptes personnels (son histoire de billets sur le net, etc) ? On se plaint déjà que les humoristes occupent une trop grande place dans le show bizz québécois, pourquoi en rajouter au gala des artistes ? Il n'y a pas assez de bons animateurs de télé ou de radio, il n'y a pas suffisamment d'interprètes, de chanteurs, d'auteurs ou de compositeurs (dont la communication est justement le métier) pour présenter ce spectacle et honorer les gens de l'industrie ? Au Gala des Oliviers (humoristes), est-ce que l'on confie l'animation à Marie-Mai ou à Fred Pellerin ? Houde était perdu dans ses farces plates et il n'était même pas capable d'enchaîner, de faire des liens entre les parties du show, de faire des présentations qui se tiennent ou des transitions intelligentes. Vivement un changement d'animateur pour le prochain gala. La farce plate de Houde a déjà trop durée... C'est n'importe quoi, et de la pire espèce...

Je trouve que l'on perd aussi du temps avec l'interminable défilé des présentateurs de trophées. En mettant l'accent sur les nominés (ce qui serait tout naturel et logique de faire) on pourrait avoir davantage recours à des présentations audio-visuelles des artistes en montrant des extraits d'entrevues, de spectacles, de témoignages d'amis, de parents, de gens du métier ou du public. En ce qui concerne les dix chansons les plus populaires de l'année, qui sont les mieux placés pour les chanter que leurs interprètes eux-mêmes, quitte à se faire accompagner par d'autres chanteurs qui ajoutent vraiment quelque chose de bien au produit original ? En même temps, on aimerait savoir ce qui a inspiré ces mélodies ou comment leurs interprètes les comprennent ou les sentent...
Au-delà du choix des gagnants des Félix, pour lequel on est d'accord ou pas selon nos goûts personnels, les amateurs de musique et de chansons veulent découvrir ou en savoir plus sur des artistes qu'ils n'ont peut-être pas la chance ou le temps d'apprendre à connaître. Quelques éléments de biographie, les propres mots des artistes pour se décrire eux-mêmes et nous faire partager leur vision de l'art ou de la vie, ne seraient pas superflus. Dans ces vidéos, on pourrait aussi afficher ou mentionner les principaux collaborateurs, gérants ou employés des maisons de disque que les artistes prennent trop de temps à énumérer lors de leur trop long discours de remerciements. Ce serait encore du temps de sauvé...pour la qualité du contenu du gala.
Certains diront que ces remarques sont des voeux pieux et que ça ne fonctionne pas comme ça dans le show bizz québécois. L'ADISQ c'est une petite chapelle d'initiés qui ne récompensent que ceux qui payent pour en faire partie. Ce n'est surtout pas un organisme qui reflète la réalité de l'industrie du disque et du spectacle au Québec... Je le sais. Tous les genres musicaux, les communautés ethniques ou les artistes en émergence ne peuvent en faire partie. Hélas ! On en est réduit à ergoter sur un mystère aussi oiseux que l'oeuf ou la poule pour expliquer pourquoi Nicole Martin ou Chantal Pary, qui sont disparues de la scène depuis trente ans, occupent les premières places du palmarès des ventes d'albums au Québec avec les reprises de leurs anciennes chansons. Peut-être que si, par le tremplin d'évènements comme des galas d'artistes, on donnait l'opportunité à des jeunes de percer ou de s'affirmer davantage sur la scène musicale, ce serait ces nouveaux talents qui vendraient le plus le fruit de leur labeur.
Bref, pour la fête télévisée de la musique et de la chanson : donnez le micro et la scène aux vrais artistes, à ceux qui ont quelque chose de bon, de neuf et d'original à proposer. Ne laissez pas le plancher aux bouffons animateurs et aux "m'as-tu vu" présentateurs, trop contents de voler le show !
mercredi 25 août 2010
«LA BARBARIE PLUTÔT QUE L'ENNUI» - Théophile Gautier
«Mieux vaut être fou avec tous que sage tout seul.»
Baltasar Gracian Y Morales
La folie gagne, on dirait. Du moins sur nos routes. De plus en plus de cas de rage au volant. Des cyclistes intimidés, menacés, frappés, tués par des automobilistes. Des piétons indisciplinés, fauchés par tout ce qui roule à moteur ou à vélo. La grosse mode est à la désobéissance civile. «Moi je suis spécial et je n'ai pas de temps à perdre. Rien ni personne ne m'arrêtera. Je suis au-dessus des lois et des règlements. Je veux faire ce que je veux et quand je le veux. La route m'appartient. Tassez-vous de là ! Fuck you all.»
Évidemment, ce credo individualiste et libertaire se heurte à ce que l'on appelle les agents de la paix ou les forces de l'ordre, chargés de faire appliquer les lois au nom de la justice et du droit commun. À moins qu'ils n'arrivent trop tard, une fois que des accidents criminels ont coûté la vie à d'innocentes victimes. Frustrés par leur soif inassouvie d'anarchie couvant un désir de toute-puissance vestige d'un vieux fond de brutalité animale, nos hors-la-loi trouvent de plus en plus un exutoire dans des loisirs violents en participant ou en assistant à des "shows de boucane" ou des derbys de démolition.
Ces manifestations de violence ont surtout lieu dans les campagnes ou dans de petites municipalités en région. Il ne s'agit plus seulement de jeunes en peine de leur peau et de leurs dix doigts qui s'excitent au fond d'un rang ou sur un terrain de stationnement en faisant crisser les pneus de leur bagnole et en se ramassant parfois dans le fossé. Non, ce sont maintenant des spectacles organisés par des gens dans la quarantaine ou dans la cinquantaine, qui retombent en enfance, dans le sens primitif et débile du terme. On assiste à des orgies de métal tordue, de bruit infernal, de violence barbare, de démonstrations de stupidité, d'émanation de gaz et de pollution, de boucane du diable, de caoutchouc brûlé, de colons en rut, acclamés par des foules trépignantes et hystériques. Les participants à ces grands-messes du crétinisme aigu justifient leur comportement de malades mentaux en plaidant que, à défaut de pouvoir le faire sur les routes, ils doivent "lâcher leur fou" ailleurs. Ces foires de "scrapage" de voitures-bulldozers sont des rendez-vous parfaits pour faire ce qu'ils rêvent souvent (en secret) de faire sur la voie publique. Et de toute façon, c'est tellement plate dans leur petit bled, ça leur donne une chance de tromper l'ennui en amusant le peuple désoeuvré.
Le pire, c'est que ces caves idiotifient et asphyxient leur marmaille dès le plus jeune âge en les faisant assister, en poussette, à ces festivals de "je-te-rentre-dedans-tu-me-rentres-dedans-tiens-toi" ! Croyez-vous vraiment que ces enfants deviendront des citoyens responsables et paisibles en cherchant à imiter leurs parents violents et pollueurs ? La violence engendre la violence, c'est bien connu. Ô adrénaline, que de conneries on fait en ton nom !
jeudi 6 mai 2010
À QUOI SERT LE POUVOIR SI L'ON NE PEUT PAS EN ABUSER ?
Que pensez de cette première mondiale, en 1996, dans notre beau grand pays démocratique qu'est le Canada, d'un premier ministre (Jean Chrétien) perdant les pédales et s'attaquant personnellement à un manifestant (Bill Clennett) venu contester pacifiquement ses politiques sociales ? Ayant brisé une partie de la dentition de sa victime, le p'tit gars de Shawinigan ne s'est jamais excusé et il a fait payer les dégâts (plus de $ 650) par la GRC, c'est-à-dire, nous-autres. Si vous pouvez vous conduire comme un voyou en vous en prenant physiquement aux gens, vous pouvez faire bien autre chose de mal... Chrétien a mis un terme à sa longue carrière politique (plus de 40 ans) au milieu du célèbre scandale des commandites. Le pouvoir corrompt même les chrétiens, et même le pape !
Mais dans les années soixante et soixante-dix, la religion exerçait encore une forte emprise sur les esprits, et les victimes qui auraient osé se plaindre auraient été discrédités ou elles auraient été accusées de mentir et de pécher. Elles n'auraient pas pesé lourd à côté du faste de la Sainte Église du temps, chargée de sauver leur âme. Les Québécois étaient des brebis obéissantes, adorant le spectacle des évêques se promenant en grandes pompes dans des décors somptueux, avec leur mitre et leur crosse, sortes d'auréole et de baguette magique. Toujours cette vénération et cet amour baignés de crainte pour des hommes forts, se faisant rassurants par leur toute puissance, comme les roi-dictateurs de la politique.
Dans un article précédent, j'ai rapporté l'aventure du maire de la ville de Québec, le caricatural Régis Labeaume, avec un aristocratique faiseur d'image vedette du nom de Clotaire Rapaille. Ça s'est mal terminé. Un journaliste du quotidien LE SOLEIL, faisant une simple vérification des informations contenues dans le curriculum vitae de Rapaille, a découvert que le coloré personnage avait "embelli" ses états de services, frôlant ce que l'on pourrait appeler à la limite, de la "fausse représentation". La mairie avait négligé de faire ces vérifications diligentes et l'orgueilleux premier magistrat de la vieille capitale aurait dû prendre le blâme pour cette faute. Au lieu d'avouer qu'il avait été victime d'un beau parleur, Labeaume s'en est plutôt pris aux messagers, c'est-à-dire aux médias qui l'ont pris en défaut. Très vindicatif et refusant de reconnaître ses torts, il est entré dans une colère noire au cours d'une conférence de presse qui n'a rien fait pour redorer son blason. Accusant les scribes de pratiquer un "journalisme de colonisés", d'être des "poltrons" et des "spécialistes à cinq cennes", l'homme de petite taille aux grandes ambitions, que l'on qualifie humoristiquement de Napoléon Bonaparte Québécois, a dépassé les bornes en multipliant les attaques personnelles mesquines et méchantes contre certains membres de la presse. La Fédération Professionnelle des Journalistes du Québec a d'ailleurs exigé des excuses pour ces paroles blessantes, indignes de l'honorabilité de la charge publique qu'un maire doit assumer. Un sondage a par la suite révélé que la population de Québec condamnait les propos virulents de Labeaume à l'endroit des journalistes, mais qu'elle lui accordait toujours sa confiance. Le bouillant politicien a fini par s'excuser, du bout des lèvres, pour sa sortie aux allures de règlements de compte.
Il n'en demeure pas moins qu'il fait lui aussi partie de ces hommes publiques qui détestent l'opposition et qui n'acceptent guère d'être contredits. Ils considèrent que les médias devraient être à leur service. Ils voudraient que leurs communiqués de presse soient gobés et publiés, sans rechigner, par des journalistes paresseux qui n'ont pas à contester l'autorité établie. En fait, ils désirent que les médias, que l'on reconnaît de nos jours comme étant le quatrième pouvoir (après les pouvoirs politiques, économiques et judiciaire) se mettent au service de leur propagande. Qu'ils deviennent des outils de leur propre pouvoir.
Comme le disait si bien Coluche, le regretté humoriste français, qui, il y a plusieurs années, avait osé se moquer de la classe politique en se présentant à une élection présidentielle : «À quoi sert le pouvoir, si ce n'est pour ne pas en abuser.» N'entendant pas à rire, ses rivaux, des politiciens de profession, s'étaient déchaînés contre ce "bouffon" qui voulait miner dangereusement leur crédibilité. Et qui avait réussi à le faire, même si son but n'était pas sérieux ! Depuis ce temps, à travers des spectacles ou des émissions d'humour toujours plus nombreuses et sarcastiques, les politiciens sont raillés quotidiennement par des parodies de toutes sortes. Les scandales et les accusations de corruption qui font régulièrement les manchettes, contribuent également à donner le mauvais rôle, ou une mauvaise réputation, aux politiciens. La population n'a pas confiance en eux, et elle voit la politique comme une farce tragi-comique ou cynique. Elle répond de moins en moins aux appels aux urnes, et beaucoup de citoyens deviennent à leur tour des "fourreurs du système", pour emprunter une expression du maire Labeaume au sujet des fonctionnaires de "sa" ville. Cela se traduit, comme en Grèce présentement, à une rupture du contrat social entre citoyens et gouvernants. Rupture provoquée par la fraude généralisée, l'absence de confiance envers les élus, et une trahison des devoirs de chacun à l'égard des responsabilités collectives.
Dans la vie de tous les jours, ça se traduit par le travail au noir qui prive le gouvernement de sommes considérables en revenus de taxes et d'impôts. Ce sont ces riches hommes d'affaires ou ces commerçants spécialistes de l'évasion fiscale, qui cachent leurs millions dans des paradis fiscaux. C'est encore, par exemple, cet éleveur de moutons, qui réclame des subventions pour une centaine de bêtes alors qu'il n'en a que cinquante. C'est ce propriétaire d'un troupeau de bovins qui empoche le double des subventions auxquelles il a droit en déplaçant occasionnellement son bétail, de l'une à l'autre de ses deux fermes, pour faire croire aux inspecteurs gouvernementaux qu'il a deux troupeaux... C'est cette voisine, dont les fleurs magnifiques font l'envie des gens du quartier. Elle les a "piquées" (volées) sans vergogne dans les jardins publics de la ville. "Tout le monde le fait" dira-t-elle pour justifier ses actes, tout en n'ayant pas le moindre remord de conscience civique...(puisqu'elle n'en a aucune)...
Tout ça fait boule de neige et érige la corruption en mode de vie qui peut ruiner un pays entier. "Après moi le déluge" et "au plus fort la poche" semblent les devises du commun des mortels, aujourd'hui. Cet individualisme exacerbé, cette malhonnêteté de plus en plus répandue et cet égoïsme à outrance ont des conséquences néfastes pour nos sociétés modernes axées sur la sur-consommation et les apparences, et bâties sur un consensus fragile. Si nous jugeons que nos gouvernements sont pourris et corrompus, il faudrait nous regarder collectivement dans le miroir pour vérifier s'ils ne sont pas le simple reflet de notre propre image...
C'est un cercle vicieux : plus nous mépriserons nos représentants politiques, plus nous découragerons des personnes de valeur de se présenter aux élections pour servir le bien public. En l'absence de leaders forts, capables d'inspirer la population en mettant de l'avant des valeurs nobles et essentielles à la vie en société, nous courons au devant de graves difficultés. Le "je-m'en-foutisme" général n'est pas une solution à nos problèmes. C'est une attitude facile dans une société démocratique basée sur une généreuse Charte des droits et libertés. Mais cette manière de faire devient de l'irresponsabilité et un danger pour nos enfants quand elle fait fi des devoirs que nous avons envers les générations futures... Cela a un prix. Un prix qui sera d'autant plus élevé si nous payons par carte de crédit en nous contentant de verser le paiement minimum. On sait que ces paiements partiels ou ces défauts de paiement entraînent des pénalités ou des coûts prohibitifs en vertu de forts taux d'intérêt. À force de toujours retarder l'échéance des paiements, on risque de ne plus être capables de payer la note et de devoir faire faillite. Une faillite de pays "riches" vivant au-dessus de ses moyens qui, à la différence des individus déclarant une faillite personnelle, ne verra pas ses dettes accumulées s'effacer comme par magie. Et ça, c'est douloureux... Parlez-en aux Grecs... Vous pouvez donner des bonbons à des enfants, mais...essayez de leur enlever ensuite ! Vous aurez droit à une toute une crise de nerfs et de larmes !



















