mercredi 10 septembre 2014

DE PLUS EN PLUS D'ADOLESCENTES EN DÉTRESSE : RISQUER LA MORT POUR RESSEMBLER À MARIE MAI OU À ARIANA GRANDE...

ARIANA  GRANDE,  À GAUCHE
«On nous Claudia Schiffer
On nous Paul-Loup Sulitzer
Oh le mal qu'on peut nous faire» (...)
Foule sentimentale
On a soif d'idéal.»

- Alain Souchon, "Foule Sentimentale".


«Rétines et pupilles

Les garçons ont les yeux qui brillent
Pour ce jeu de dupes :
Voir sous les jupes des filles,
Et la vie toute entière,
Absorbés par cette affaire,
Par ce jeu de dupes,
Voir sous les jupes des filles.» (...)

«Elles, pas fières,
Sur leurs escabeaux en l'air,
Regard implorant, et ne comprenant pas tout,
Elles dans l'grave,
La faiblesse des hommes, elles savent
Que la seule chose qui tourne sur cette terre,
C'est leurs robes légères.»

- Alain Souchon, "Sous les jupes des Filles".



CLAUDIA  SCHIFFER
La semaine dernière, j'ai ri dans ma barbe (quelle barbe ?) quand j'ai pris connaissance de l'histoire des photos de nu des vedettes, volées par des pirates informatiques.  Les stars de la chanson, les mannequins à la mode, ou les actrices célèbres, victimes de ces larcins particuliers, ont réagi diversement.  Ou n'ont pas réagi du tout.  Quelques-unes de celles dont on a ainsi violé l'intimité en publiant ces clichés privés, qu'ils soient authentiques ou faux, ont semblé s'en ficher éperdument.  Il faut dire que la plupart de ces femmes-là ont déjà posé nue pour des revues.  Ou elles sont apparues dans leur plus simple appareil, dans des scènes de nu, que ce soit pour le petit ou le grand écran.  Sans parler des accidents vestimentaires, volontaires ou pas, qui nous ont déjà montrés, par le biais des appareils photo des paparazzis, toujours aux aguets, les parties les plus intimes de leur anatomie.  Certes, ceux qui épient toujours les vedettes, en quête de photographies juteuses qu'ils vendent à bons prix aux médias, ont leur responsabilité dans cette inondation de pornographie "douce" qui ne cesse de déferler sur nous.

Mais si les vedettes du show business ne leur donnaient pas autant de "matériel" à photographier ou à filmer, et s'il n'y avait pas autant de diffuseurs pour nous les mettre sous le nez, par le moyen des médias, de nos ordinateurs portables, de nos téléphones ou de nos tablettes, nous n'en serions pas là.  Une Britney Spears sans sous-vêtements, et portant une mini-jupe, doit être au courant que lorsqu'elle ouvre les jambes pour sortir d'une voiture, elle risque de voir le résultat sur les écrans de télé ou dans les pages des journaux, puisqu'il y a toujours des photographes qui la suivent ou l'attendent un peu partout.  Quant à elle, la très peu pudique Rihanna déclare sans ambages qu'elle est souvent nue comme un vers, quand elle est chez elle, et que les gens qui sont en charge de l'entretien de sa maison l'ont tous vue en costume d'Ève au moins une demi-douzaine de fois.  Ça ne la dérange pas du tout.  L'intimité est une notion élastique pour certaines célébrités, qui, de toutes façons, disent souvent appartenir à leurs fans ou à leur public.  



Par contre, quelques-unes des stars se disant victimes de ce scandale menacent d'intenter des poursuites judiciaires contre tout individu qui possédera ces photos compromettantes et les publiera sur internet ou ailleurs.  L'affriolante top modèle Kate Upton (photo + lire mon billet à son sujet, sur mon site STARS ON BEACH, dont le lien apparaît ici, dans la marge de droite) fait partie du lot.  Pourtant, cette jeune femme aux formes voluptueuses s'est elle aussi fait croquer le portrait alors qu'elle n'avait que sa peau sur le dos.  Ou qu'elle était à quelques centimètres de dévoiler le "principal", comme disait ma mère.  On ne peut oublier ses illustrations coquines dans l'édition "Swimsuit" du magazine SPORTS ILLUSTRATED.  Mais pour Kate, comme pour bien d'autres artistes, ces photos osées là, ça ne compte pas, parce que c'est...de "l'ART" !  Que ce soit de l'art ou de la pornographie, ça provoque à peu près le même effet sur les gens qui les regardent.  Un réflexe sexuel chez les hommes; et une jalousie plus ou moins grande chez les femmes !

Cette nudité, ou cette quasi-nudité, est aussi présente dans les vidéos des grands succès des chanteuses qui occupent la tête des palmarès.  Que ce soit dans ces mini-films, sur les plateaux de télévision, dans des galas, ou sur scène, en spectacle, on dirait que ces vedettes sont en compétition entre elles, pour être couronnées la star des stars, celle qui est la plus sexy au monde.  Même lorsqu'elles gardent de petites pièces de vêtement sur leur corps, les danses et les mouvements  qu'elles exécutent, ou les poses suggestives qu'elles prennent, ont souvent une forte connotation sexuelle.  Plus forte, sans doute, que les photos de nu qu'elles se sont fait voler...  Parlez-en à Miley Cyrus (sa vidéo de la chanson Wrecking Ball -photo ci-dessous- ou son comportement scandaleux lors d'un gala d'artistes, l'an passé).  Lady Gaga ne donne pas sa place non plus, dans le domaine de la provocation et du sensationnalisme.  Madonna avait tracé la voie bien avant elles.


Mais revenons à notre sujet initial, le vol des photos de nu de plusieurs célébrités féminines.  On peut questionner le "pourquoi" de ces clichés révélateurs.  Ces vedettes s'en servent-elles pour attiser le désir de leur amoureux ?  Veulent-elles prouver qu'elles sont plus belles que des concurrentes du show business ?  Est-ce pour assouvir leur exhibitionnisme ou leur narcissisme, ou se prouver à elles-mêmes qu'elles paraissent bien ?  Chose certaine, elles auraient dû savoir que ce genre de photos risque de se retrouver sur le WEB, soit à cause de pirates informatiques habiles, ou par la faute d'anciens amis de coeur qui veulent se venger d'avoir été plaqués par ces starlettes...  Du reste, de nos jours, tout le monde, ou presque, en occident, possède un téléphone capable de photographier ou de filmer n'importe qui, n'importe quoi, n'importe quand, n'importe où.




Le cas des artistes et de leurs "ex" qui se vengent après leur rupture amoureuse ou leur divorce, ressemble pas mal à celui de ces milliers d'adolescentes, un peu partout dans le monde, qui ont transmis électroniquement à leur "chum", des photos ou des vidéos d'elles, les montrant nues.  Quand les inévitables ruptures surviennent, elles voient parfois ces images embarrassantes se retrouver sur le NET.  Certaines filles en sont tellement marquées qu'elles sombrent dans des dépressions profondes, ou se suicident, comme ce fut le cas, il n'y a pas très longtemps, d'une pauvre victime, dans les provinces maritimes du Canada.  Il s'agit probablement de la conséquence la plus grave de toute cette hyper-sexualisation qui indique que quelque chose cloche dans nos sociétés "branchées".

On rapportait hier, dans les journaux, que le nombre d'adolescentes anorexiques montent en flèche au Québec (+ 44% depuis 2008) et au Canada (+ 46% depuis 2006).  Esclaves de l'image de l'idéal physique chez la gent féminine, le classique triptyque "jeunesse-fermeté-minceur"-, qui est incarné par leurs "géniales" vedettes sexy de la chanson ou de la télé, ces filles, entre 12 et 20 ans, se ramassent à l'hôpital parce qu'elles sont obsédées par leur poids.  Pour qu'elles soient hospitalisées, leur cas doit être sérieux : amaigrissement extrême, tension artérielle très basse, taux de potassium à plat, rythme cardiaque anormal, détresse psychologique ayant parfois conduit jusqu'à des tentatives de suicide.  Parmi ces malades, on compte 10% de garçons, qui souffrent parfois davantage psychologiquement parce qu'ils disent avoir honte d'être affectés par une maladie de "filles" !  Mais ces cas extrêmes ne constituent que la pointe de l'iceberg de ce problème dangereux.  Combien d'autres jeunes souffrent en silence, à cause des mêmes raisons, sans être rendus au point d'être hospitalisés ?


RIHANNA
Quelles sont les causes de cette vague d'anorexie chez les ados ?  Les médecins en identifient trois catégories : celles liées à la génétique, celles dépendant de l'environnement et celles dites de la "contagiosité des images".  On suspecte aussi les programmes contre l'obésité, que l'on a instaurés dans les cours d'éducation physique à l'école.  On y fait un suivi régulier des mensurations et du poids des élèves.  Pour certains ou certaines d'entre eux, l'objectif d'arriver à un poids santé, ou de le maintenir à tout prix, deviendrait une obsession et les inciterait à ne pas se nourrir suffisamment.  Les parents ont-ils une responsabilité là-dedans ?  Peut-être.  Mais même les meilleurs parents au monde pourront devenir impuissants à régler des problèmes de cette nature.  À l'adolescence, les jeunes sont souvent plus influencés par ce que pense leurs ami(e)s que par les conseils de leurs parents.  Ces derniers peuvent être fréquemment absents, pas assez disponibles, ou pas suffisamment à l'écoute de leurs ados, surtout dans les foyers mono-parentaux.   

Avant, les jeunes filles pouvaient être complexés par les images de femmes idéales qu'elles voyaient, par exemple, dans des revues de mode, ou dans les petits magazines à potins relatant la vie de leurs artistes préférés.  Maintenant, avec tous les nouveaux gadgets électroniques et la tonne d'informations continues diffusée par des médias de plus en plus agressifs, elles subissent un véritable bombardement de ces images qui finissent par les tourmenter.  Il y en a énormément aussi dans la publicité.  Bien que, en ce qui concerne cette dernière source d'images stéréotypées, les publicistes ont tellement été au bout des images "osées" et provocantes, que leur effet pour retenir l'attention des consommateurs commence à diminuer considérablement.  À force de voir d'immenses annonces ou panneaux publicitaires un peu partout, comme, par exemple, ces réclames montrant dans des métros, des vedettes féminines nues, pour le compte de PETA -organisation qui milite pour le bon traitement des animaux-, les gens, blasées, finissent par passer devant, sans les regarder.  Il s'agit d'une sorte d'écoeurement, résultant de la multiplication abusive de ce genre de truc pour les inciter à acheter un produit ou à "embarquer" dans un mouvement.  Dans la course folle que leur impose la vie de tous les jours, les consommateurs sont tellement sollicités par n'importe qui ou n'importe quoi, qu'ils doivent laisser passer des chose et se concentrer sur l'essentiel, même si ils vivent bel et bien dans une société de consommation rapide, et qu'ils n'y échappent pas. 




Mais il n'y a pas seulement les adolescentes qui font une maladie de ne pas ressembler assez à leur idole (comme Marie Mai, photo ci-dessus).  Des femmes de tous les âges sont insatisfaites, voire malheureuses, de leur apparence physique.  Selon un sondage récent, 52% des Françaises n'aiment pas leur corps, et le tiers d'entre elles préfèrent faire l'amour dans le noir pour cette raison.  Comme pour les ados, c'est le même triptyque "jeunesse-fermeté-minceur" qui les hante.  Elles n'acceptent pas leur surplus de poids, leur chair qui devient flasque et les marques du temps sur leur peau.  C'est pourquoi elles consultent de plus en plus fréquemment des psychologues, des spécialistes de la santé mentale, qui sont maintenant habitués de les voir arriver dans leur cabinet, en pleurs, et malheureuses comme les pierres du chemin.  Chez elles, certaines de ces femmes complexées ont même enlevé les miroirs trop grands dans lesquels elles pouvaient apercevoir leur poitrine marquées par les affres du vieillissement ou l'allaitement de leurs enfants.  Elles ne supportaient plus de voir leur image s'y refléter.  Parfois, elles sont peinées et en crise parce qu'elles ont surpris leur conjoint en train de regarder de la pornographie sur le WEB.  Elles se sentent alors dévalorisées et rejetées, en pensant que leur compagnon de vie fantasme sur des stars du porno pour compenser le fait que elle, leur conjointe, n'est plus assez belle ou désirable pour les exciter sexuellement.

Que faire face à cette détresse ?  Certaines malades vont recourir à la chirurgie plastique pour améliorer leur physique.  D'autres vont suivre des thérapies pour essayer d'apprendre à s'accepter comme elles sont.  C'est-à-dire imparfaites, ou pas semblables à Catherine Deneuve à ses plus beaux jours, comme elle le désireraient tant. Comme pour les jeunes anorexiques, ce processus de guérison est long et ardu.  Quand il n'échoue pas.

En marges de ces considérations, des audiences ont lieu présentement devant le CRTC (Conseil Canadien de la Radio et de la Télédiffusion) pour étudier la possibilité d'imposer des règles plus sévères à l'industrie de la vidéo en ligne.  Les Canadiens forment le peuple qui est le plus actif au monde sur l'Internet (1er pour le nombre de pages visitées, 2e après les américains pour le temps passé en ligne, 2e après les Britanniques en ce qui a trait au nombre de visionnements de vidéos en ligne).  Ils sont donc beaucoup exposés au genre d'images qui risquent de nuire à leur santé, autant physique que mentale.  Quels sont les sites qui sont de loin les plus nombreux sur le NET ?  Les sites de pornographie, évidemment.  En plus de développer une dépendance à ce genre d'images et aux "activités" qu'elles peuvent entraîner, ces "voyeurs" en viennent à négliger ou à se désintéresser de leurs proches, comme les drogués ou les alcooliques.  Comme se plaisent souvent à le répéter les femmes, le cerveau de ces hommes ne répond plus, ou bien il se loge au niveau de leurs organes génitaux...  Et ce vieux problème est de taille.  Il sera difficile à régler.  Même qu'avec la croissance constante et rapide de l'industrie du nu, avec la participation ou la complicité indirecte des gens de la colonie artistique, le mal continuera à grandir...



LADY  GAGA
Un membre de ma famille, chauffeur d'autobus scolaire, me racontait, il y a une douzaine d'année, que les pré-adolescents qu'il transportait à l'école, parlaient ouvertement de sexualité entre eux.  Cet homme d'âge mûr, se rappelait que dans son jeune temps, ce sujet était complètement tabou.  Maintenant, les cheveux lui dressaient sur la tête en entendant ces garçonnets demander aux fillettes quel prix elles demandaient pour une "pipe".  Cinq dollars ?  Dix dollars ?  «Seigneur,» se disait-il en lui-même, «où est-ce qu'on s'en va» ?  Une question à plusieurs millions de dollars...  C'est la même question que posait mon père à son médecin, lorsqu'il allait à ses rendez-vous périodiques, à la clinique du voisinage.  Inquiet au sujet de la pollution, de l'immoralité, de la violence, des guerres, du stress, des relations difficiles entre les générations, il affirmait souvent que le monde -les gens- allait s'auto-détruire en abusant de tout, en ne respectant rien, en s'abaissant au niveau des animaux, en oubliant que c'est en maintenant un sage équilibre entre toutes choses que l'on peut arriver à bien faire tourner la planète.  Son toubib, rationnel, avec un esprit scientifique, tentait de le rassurer en lui répondant que tout au long de sa longue Histoire, l'Homme s'était adapté à son environnement et à toutes sortes de situations, pour continuer de progresser.


Qui avait raison ?  Qui vivra verra...  Qui sait ?  Les perceptions et les perspectives changent.  Cette semaine, assistant au Festival du Film de Toronto, l'actrice Reese Witherspoon (photo ci-dessus) déambulait sur un trottoir, en bordure d'une rue de la ville, quand le vent a soulevé sa robe légère, en laissant découvrir son postérieur nu.  Bien sûr, quelqu'un a photographié la scène et ça s'est retrouvé dans les médias.  Mais je serais curieux de savoir, si on faisait un sondage auprès des gens qui ont vu ces photos, combien de personnes les jugent choquantes, drôles ou inintéressantes.  J'imagine que les résultats varieraient selon le sexe, l'âge et l'éducation des répondants.  La principale intéressée, elle, n'a pas semblé troublée par l'incident.

Mon père, qui était très religieux et qui avait été élevé en apprenant par coeur le "petit catéchisme" (coutume obligatoire à son époque), s'offusquait de voir de la nudité à la télé.  Même chose quand une "créature", -comme il appelait les femmes-, portait un robe ou un gilet trop décolleté...selon lui.  Ma mère disait alors : «du calme, du calme; ce n'est que de la peau et des morceaux de chair.  Pauvres hommes», ajoutait-elle, sur un ton mi-figue mi-raisin, «c'est donc bien vrai que "ça" (leur sexe) meurt seulement trois jours après qu'ils ont rendu l'âme.»  Des paroles et, surtout, une façon de les prononcer, qui me faisaient bien rire mais qui choquaient encore plus mon paternel !  Dans certaines sociétés, comme en Scandinavie, la nudité est plus acceptée ou tolérée, par exemple dans les bains publics ou sur les plages.  En fait, c'est à l'époque de la reine Victoria que des règlements pour proscrire la nudité en public ont été promulgués.  Des études et des recherches ont même établi que dans les sociétés où la pornographie est plus accessible, il y a moins de crimes sexuels.

Il n'en demeure pas moins que les meilleures sociétés sont celles qui prennent le mieux soin de leurs êtres humains les plus fragiles : les aînées et les enfants.  Que ce soit par de la prévention à l'école, par un meilleur encadrement de la part des parents, ou par tout autre moyen pertinent, il faut essayer d'empêcher des adolescentes désorientées, qui se cherchent en traversant une période de leur vie associée habituellement à une crise ou à la révolte contre toute forme d'autorité, de perdre la santé et de songer au suicide parce qu'elles n'arrivent pas à ressembler à leurs idoles Marie Mai ou Ariana Grande...   

jeudi 16 janvier 2014

MÉCHANCETÉ GRATUITE ENVERS ANNE HATHAWAY...


«La haine, comme l'amour, se nourrit des plus petites choses, tout lui va.» (Honoré de Balzac)

Il y a une quinzaine de jours, je lisais dans mon journal local une de ces revues de fin d'année qui récapitulait les faits marquants de 2013 dans le monde des arts et du spectacle.  Après avoir résumé les événements marquants au cinéma au cours de l'année écoulée, la journaliste rappelait, en terminant son article, combien les "mamelons" de l'actrice Anne Hathaway avaient fait jaser pendant et longtemps après la cérémonie des Oscars, qui a eu lieu en février de l'an passé.  Pour comprendre ce à quoi se référait la journaliste, j'ai fait une recherche sur le web.  J'avais vaguement entendu parler de cette histoire, mais je désirais en savoir davantage.  J'ai appris que lors de ce prestigieux gala au cours duquel Hathaway s'est vue remettre l'Oscar de la meilleure actrice de soutien pour son rôle de Fantine dans le film LES MISÉRABLES (Tom Hooper), on avait surtout remarqué la robe rose pâle qu'elle portait (photo ci-dessus) et, surtout, la manière dont elle portait cette création signée PRADA !  Les coutures de chaque côté du buste de cette robe assez singulière, mettaient en relief la poitrine de l'actrice oscarisée.  Celle-ci ne portait visiblement pas de soutien-gorge.  Cette tenue osée a déplu à un certain public et à plusieurs membres de la colonie artistique.  Ce n'était qu'un motif de plus pour ces "Hathaway haters" de fustiger encore une fois cette femme qu'ils ont pris en aversion depuis qu'elle s'affirme brillamment sur la scène cinématographique.


Qu'est-ce que ces gens reprochent au juste à Anne Hathaway pour lui en vouloir ainsi ?  Essentiellement, ses détracteurs affirment que l'image de la star ne colle pas à ce qu'elle veut que l'on croit qu'elle est vraiment.  Pour eux, les discours ou les déclarations de la vedette sont imprégnés d'une humilité et d'une modestie qui sont aussi fausses que feintes.  Cette réserve empreinte de vertu, qui semble vouloir s'associer à un portrait trop parfait pour être authentique et crédible, ne va manifestement pas de pair avec ses tenues extravagantes et ses réactions exagérées en public, selon ses critiques sévères.  Ce fâcheux épisode de la tenue indécente aux Oscars vient s'ajouter, ajoute-t-ils, à un incident du même genre, quand Hathaway était descendue de voiture pour se rendre à la première des MISÉRABLES, quelque temps auparavant.  Les photographes avaient alors pu prendre des clichés de son entre-jambes...puisqu'elle ne portait pas de petite culotte.  Lors de son discours de remerciement aux Oscars, et durant le point de presse qu'elle a donné après avoir reçu son prix, on l'a vu émotive et versant des larmes en disant quelques mots à l'attention de son mari et en s'exprimant sur ce que signifiait cette récompense.  Pour ceux et celles qui la trouve antipathique et vaniteuse, Anne Hathaway en fait trop.  Selon eux, elle a "trop" admiré, embrassé et brandi son trophée.  Elle a crié "trop" fort son amour pour son mari.  Elle a "trop" vanté "son équipe".  Elle n'est pas sincère dans ses remerciements et ses sentiments.  Elle donne "trop" dans la démesure en se montrant dans des toilettes qui sont tantôt trop décolletées, qui tombent mal sur sa silhouette, ou qui ne lui vont pas du tout.


Mais ces individus qui n'aiment pas Anne Hathaway vont "trop" loin, à leur tour, quand ils s'attaquent aux caractéristiques physiques et comportementales de leur cible.  Détester une personnalité publique à cause de sa coupe de cheveux, de sa peau trop blanche, de sa maigreur, de son sourire grimaçant, de ses ricanements, ou de sa supposée affectation, tout ça relève du délire et d'un manque flagrant de jugement et de politesse.  Parce que Hathaway a déjà confié qu'elle avait trouvé difficile de perdre du poids pour jouer un rôle, ses détracteurs l'ont tout de suite vilipendée en faisant remarquer que, eux, ils auraient été ravis de maigrir pour empocher la grosse somme d'argent versée à la Fantine des MISÉRABLES.  De même, quand l'actrice de 31 ans, native de Brooklyn, s'est excusée de sa robe des Oscars en expliquant qu'elle devait porter une tenue différente (créée par VALENTINO) mais que celle-ci ressemblait trop à celle revêtue au gala par une une autre artiste, on l'a encore accusé de mentir, de ne pas avoir le courage d'assumer ses choix, ou d'avoir peur de perdre les commandites pour les toilettes qui lui sont gracieusement prêtées pour ses sorties mondaines.


Parce que ses manières et ses paroles les énervent, ces gens qui détestent Anne Hathaway voudraient qu'elle ne sorte plus de chez elle et qu'elle ne s'adresse plus aux médias ou au public.  D'après moi, c'est de la méchanceté gratuite.  Oui, moi aussi je trouve que ses "looks" laissent souvent à désirer.  Que des vêtements aux tons plus clairs ne vont pas bien avec son teint pâle.  Qu'un rouge à lèvres aux couleurs trop vives accentue un peu trop la grandeur de sa bouche.  Qu'un profil désavantageux mette parfois trop en évidence son nez...pas très joli.  Qu'elle préfère maintenant avoir les cheveux courts.  Il s'agit là de choses superficielles et plus ou moins futiles mais qui prennent malheureusement trop le devant de la scène dans un milieu où le "paraître" est encore plus important que dans la vie du commun des mortels.  Anne est peut-être mal conseillée ou elle n'est pas douée dans ce genre de situations.  Mais tout ça ne doit pas empêcher d'accorder du crédit et du mérite à cette artiste pour ses formidables talents d'actrice et de chanteuse (soprano).  Même si sa mère Kate a elle-même été une bonne actrice et qu'elle a aussi joué le rôle de Fantine dans une version plus ancienne des MISÉRABLES, Anne Hathaway n'a pas hérité naturellement du talent de sa génitrice, bien qu'elle s'en soit inspiré.  Jouer n'est pas inné chez elle.  Ses rôles, elle doit les travailler énormément pour atteindre un haut niveau de performance.  C'est pourquoi elle était tellement émue en recevant sa statuette lors de la présentation des derniers Oscars.  Son rêve de réussir à se glisser totalement, et avec toute la justesse requise, dans la peau de son personnage de Fantine, s'était réalisé et, par cet Oscar, l'Académie consacrait ce succès et cet accomplissement.  Les larmes de joie de Hathaway étaient le fruit d'émotions sincères.  Elle s'est véritablement surpassée dans ce rôle.  Les gens de l'industrie l'ont reconnue à juste titre.  Elle peut être très fière de son travail acharné.


J'ai pris soin d'écouter son discours de remerciements et son point de presse subséquent.  J'ai bien apprécié ses propos et ses réponses intelligentes.  Je n'y ai trouvé rien d'artificiel, d'affecté ou de faux.  Ce n'était pas des pensées superficielles exprimées par la tête de linotte et la personne vaniteuse que ses critiques avaient annoncée.  Si la meilleure actrice de support leur est "insupportable" dans son apparence et sa façon d'être en public, ces observateurs haineux n'ont qu'à s'abstenir de la regarder ou de la suivre.  Après tout, les goûts ne sont pas discutables.  Ils varient d'un individu à l'autre.  On peut aimer ou pas telle ou telle façon de se vêtir ou d'arranger son apparence physique, mais on ne devrait pas haïr quelqu'un parce qu'il ou qu'elle ne nous plait pas, ou ne correspond pas à nos préférences pour la mode ou l'esthétisme.  Personne n'est parfait.  On voudrait que Anne Hathaway soit parfaite ou qu'elle ait une apparence plus sobre quand elle assiste à des événements mondains.  Mais moi j'aime qu'une artiste soit audacieuse et qu'elle bouscule les stéréotypes.  Oser défier le conformisme, tenter des expériences pour innover et faire avancer les choses, voilà qui est stimulant et renouvelle l'intérêt dans un monde qui risque toujours de devenir ennuyant à force de n'être qu'un éternel recommencement.


C'est même, à mon avis, une des missions de l'art de nous surprendre et de remettre en question notre vision de ce qui peut être considéré comme étant BEAU.  Il faut sans cesse tenter de se réinventer, de progresser, de s'améliorer, de trouver de nouvelles voies.  Ainsi, lors de cette visite récente (photo ci-dessus) de Anne Hathaway à une exposition sur la culture Punk au Museum Of Modern Arts de New York, je pense que le thème et le lieu étaient très appropriés pour la tenue et le look adoptés par la célèbre actrice.  Les attributs physiques de la jeune femme et les moyens employés pour les mettre en valeur ont produit un résultat à la fois harmonieux et original.  Une belle réussite, artistiquement parlant, et la preuve que Anne Hathaway, malgré tous les défauts que ses dénigreurs lui prêtent, peut être ravissante et resplendissante.  On sera d'accord ou pas avec moi mais, d'un point de vue moins superficiel, ce que l'on espère surtout et avant tout de la part de cette grande actrice, c'est qu'elle continue à nous émerveiller et de mériter l'estime du public pour ses performances extraordinaires dans les films que l'on va aimer regarder au grand écran...  Tout le reste importe-t-il vraiment autant ?  Même si elle se dit affectée par les commentaires désobligeants à son endroit, Hathaway croit qu'il y a plus de positif que de négatif dans sa vie et que c'est bien suffisant pour la rendre heureuse.  Heureuse face à ces malheureux qui sont assez stupides et futiles pour la critiquer sur des bases plus ou moins sérieuses et légitimes...           

lundi 27 août 2012

ÉLECTIONS QUÉBEC 2012 : VOTONS POUR MICHOU !


«La majorité a toujours raison, mais la raison a bien rarement la majorité aux élections». Jean Mistler, extrait de : Bon Poids.

Les Québécois iront aux urnes le 4 septembre prochain et ils tenteront de porter au pouvoir le moins pire des trois principaux partis qui se font la lutte. Bon, même s'il livre une bonne campagne pour sa formation politique, le premier ministre sortant, Jean Charest, prend de plus en plus de retard dans la course électorale. Il en est pratiquement réduit à tenter de sauver les meubles, c'est-à-dire à préserver les comtés habituellement assurés aux rouges. Mais malgré tous ses efforts, même la clientèle électorale, qui lui est normalement acquise, lorgne du côté de la Coalition Avenir Québec (CAQ) dirigée par François Legault. Il faut dire que Charest et son parti Libéral avaient déjà trois prises contre eux (pour utiliser une populaire analogie avec le base-ball) dès le déclenchement des élections provinciales. D'abord, l'usure de neuf ans passés à la direction de l'État. Ensuite, les lourdes allégations de corruption qui pèsent sur eux. Enfin, le fait de convoquer les électeurs aux boîtes de scrutin avant que la Commission Charbonneau reprenne ses travaux (à la mi-septembre) et les mette encore plus dans l'embarras par des révélations gênantes au sujet de leur copinage avec des corrupteurs, et le financement de leur caisse électorale avec de l'argent sale... Cette combine électorale est lâche et elle a sûrement dégoûté bien des Québécois. Résultat ? Monsieur Charest va probablement connaître l'humiliation d'être battu dans son comté de Sherbrooke malgré les vaillants efforts de sa conjointe, Michèle Dionne (surnommée Michou), qui fait campagne à sa place, quand il est ailleurs au Québec pour courtiser les électeurs.

Perdre dans sa circonscription : voilà à quel point le peuple en a ras-le-bol de Charest, et de son administration. Le fait que neuf de ses ministres aient démissionné ou aient choisi de ne pas briguer de nouveau les suffrages, démontre aussi que le chien de Charest est mort depuis déjà un bout de temps. L'attitude désinvolte du premier ministre lors des grèves étudiantes du printemps passé, a achevé de couler le bateau libéral. Sa farce d'imbécile quand les étudiants manifestaient aux portes d'un congrès sur le Plan Nord (il a dit en riant qu'il leur trouverait des emplois dans le Nord) a jeté de l'huile sur le feu et a provoqué inutilement les grévistes.

Mais en tenant l'élection avant la reprise de la Commission Charbonneau, les Libéraux évitent peut-être aussi le pire, soit le même sort qu'ont connu leurs grands frères du Parti Libéral Fédéral, une quasi-disparition de la scène politique à cause du scandale des commandites. Les erreurs et les maladresses de leurs rivaux péquistes et caquistes, durant la campagne électorale en cours, va possiblement les aider également à ne pas tout perdre.



La CAQ et son chef François Legault ont connu un bon début de campagne. En présentant quelques candidats vedettes ainsi qu'un programme audacieux, le leader du nouveau parti, né d'un regroupement de candidats de la défunte Action Démocratique du Québec (ADQ) et de personnes déçus des autres formations politiques, (sans oublier non plus des opportunistes) a fait flèche de tout bois. Mais au fur et à mesure du déroulement de la campagne, Legault et quelques autres ténors de la CAQ ont fait des déclarations malheureuses contre les femmes (rappelons sa plaisanterie douteuse au sujet de son idée de devoir peut-être porter de plus belles "cravates" pour attirer le vote féminin), contre les jeunes, qui ne travaillent pas assez fort, contre les syndicats, qu'il veut "acheter" en retour des coupures qu'il veut faire dans les rangs de leurs membres. Le pari de la CAQ d'assurer un médecin de famille à tous les Québécois dès la première année d'un hypothétique premier mandat, sème également beaucoup de scepticisme parmi la population. C'est aussi le cas des projets caquistes d'abolir les agences de santé et les commissions scolaires. Par surcroît, payer plus cher les médecins et les professeurs attiserait certainement l'envie des autres catégories de travailleurs de l'État, qui demanderaient aussi des hausses salariales lors du renouvellement de leurs conventions collectives. Mais, Legault et sa bande ont réussi, malgré leurs propositions pas mal irréalistes, à incarner le changement face aux vieux partis et en se faisant rapidement connaître à l'électorat. Comme la majorité des politiciens qui veulent s'imposer, Legault a ressorti la vieille mais éprouvée formule du changement. "Changer pour changer". Comme Obama, aux États, il y a quatre ans. Legault lui a même emprunté son fameux YES WE CAN.


Même si l'expérience du pouvoir, ainsi que celle de parti d'opposition officielle, leur fait défaut, les caquistes retournent cette carence à leur avantage en affirmant qu'ils sont "propres" et qu'ils ne doivent rien à personne. C'est le "tout nouveau, tout beau", en se donnant une image de monsieur Net qui va faire le ménage. Petit à petit, la CAQ et son chef, tout à fait "premier ministrable", gagnent la confiance des électeurs. De ceux qui répugnent à voter pour un parti libéral usé et corrompu, ou pour les séparatistes péquistes qui menacent la cote de crédit de la province avec leurs référendums sectoriels à répétition.



En tête dans les sondages depuis le lancement de la campagne électorale, "grand-maman" Marois pensait cueillir le pouvoir comme un fruit mûr, comme ce fut le cas pour Charest en 2003. Depuis trente ans, la règle "naturelle" de l'alternance redonne tour à tour le "volant" de l'État aux deux vieux partis. Quand les gens sont écoeurées du PLQ, ils élisent le P.Q., et vice versa. Ce n'est jamais le parti de l'opposition qui gagne les élections, c'est toujours le parti au pouvoir qui les perd. Il suffit d'être patients, de ne pas faire de gaffes et de capitaliser sur les mauvais coups des adversaires. C'est la stratégie qu'a adoptée Pauline Marois et ses sbires depuis le début de la campagne. Ménager les susceptibilités de sa clientèle et de ses alliés traditionnels, ne pas faire trop de promesses sauf celle de prendre soin des Québécois, comme une bonne grand-maman. Copier aussi un peu le président Hollande en France en projetant une image de "rassembleur". Sauf que ça ne fonctionne pas tellement pour elle. Dans les sondages, madame Marois arrive au 3e rang quand on demande qui ferait le meilleur premier ministre. Se classer derrière Charest, faut le faire ! Même si elle travaille d'arrache-pied afin de faire oublier son statut ou son image de "bourgeoise", elle ne parvient pas à passer pour une femme proche du peuple. La stratégie référendaire du PQ est aussi une aiguille dans le talon de mamie Pauline. Personne ne comprend cette histoire confuse de référendums d'initiatives populaires (RIP). Les péquistes eux-mêmes semblent aussi impuissants à démêler cet écheveau inextricable. C'est leur marque de commerce. Rappelez-vous des questions référendaires emberlificotées en 1980 et en 1995. Le PQ aurait intérêt à imiter Stéphane Dion et à se doter d'une loi sur la clarté de la question référendaire ! À moins que le PQ veuille continuer de berner les Québécois en proposant une sorte de souveraineté-association-qui-n'est-pas-tout-à-fait-l'indépendance-mais-quelque-chose-comme-une-inter-dépendance-libre-en-gardant-l'argent-et-le-passe-port-canadiens-pis-d'autres-machins-trucs-itou...

Il ne faut pas négliger les tiers partis, surtout Québec Solidaire. La belle performance de sa co-porte-parole, Françoise David, au premier débat des chefs, a fait connaître le parti à un plus large public. Si bien que madame Marois voit, avec horreur, le danger que Québec Solidaire gruge une partie du vote péquiste. Cette division du vote, surtout sur l'île de Montréal, pourrait causer sa défaite ou l'empêcher de former un gouvernement majoritaire.

Moi, en tout cas, je trouve qu'aucun des partis en lice n'est digne de diriger le Québec. Les uns sont confus, les autres sont corrompus ou manquent de crédibilité. J'annonce donc que, comme bien du monde, je voterai sur l'image. La belle image de Michou, que je trouve bien à mon goût. Sur mon bulletin de vote, je vais ajouter son nom en dessinant un coeur à côté. Pis je vais faire une belle croix dedans ! Michou pour présidente !

«Les élections, ce n'est que de la poudre aux yeux. Les partis changent, mais à l'intérieur, derrière les portes fermées, ils s'entendent et distribuent des rôles». Alice Parizeau, extrait de : Blizzard sur Québec.

vendredi 4 mai 2012

DÉBAT ENTRE SARKOZY ET HOLLANDE : QUELQUES MOTS DE TROP DU PRÉSIDENT SORTANT.


Les Français trouvent souvent les Québécois rigolos "avec leur accent" et leur façon pittoresque de s'exprimer. Les "cousins", qu'est-ce qu'ils sont marrants et "sympa", s'empressent-ils d'ajouter, d'un ton plutôt condescendant, lorsqu'ils rencontrent des gens du Québec, leur ancienne colonie d'Amérique. Ce qu'ils ignorent peut-être, c'est que c'est réciproque. Les Québécois se bidonnent tout autant en observant les "maudits français". À commencer par leur président, Nicolas Sarkozy, qui fait sourire et rire par ses emportements, ses coups de gueule, ses tics nerveux, ses excès d'orgueil et ses abus de pouvoir (comme en témoigne la photo ci-dessus !). Un peu comme des membres de la parenté qui se tapent un peu sur les nerfs mais qui, dans le fond, s'aiment bien quand même, on se montre curieux et on tient à garder un oeil sur ce qui se passe de part et d'autre, des deux côtés de l'Atlantique. C'est ainsi que, histoire de me mettre à jour sur ce qui se passe en France, je ne voulais pas manquer le débat télévisé de mercredi soir entre Sarkozy et Hollande, avec à l'enjeu la présidence du pays de nos ancêtres pour les cinq prochaines années.

La joute oratoire que ce sont livrée les deux candidats à l'élection présidentielle de dimanche prochain a été franchement intéressante. J'ai trouvé que, tactiquement, le candidat de la Gauche a été très habile. Forçant constamment le président sortant à défendre son bilan (ce que monsieur Sarkozy a fait vigoureusement), François Hollande ne lui a guère laissé le loisir de nous faire découvrir son programme pour l'avenir. L'impression que cette stratégie a laissé dans l'esprit des 17 millions de téléspectateurs, c'est que c'est le candidat socialiste qui incarne le renouveau et le changement face à la situation difficile dans laquelle se retrouve l'état français.



Au fond, monsieur Hollande a dit ce que les Français voulaient entendre. Ce qui est un gage de succès pour convaincre le public et gagner une élection. Lucide et conscient des lourdes responsabilités qui l'attendent s'il devient président de la République, il n'a pas caché que le peuple de France devra vivre une période d'austérité avant d'espérer se sortir de la crise dans laquelle toute l'Europe est plongée. Droite et Gauche ont leurs partisans indéfectibles. Pour gagner l'élection il faut faire voter en sa faveur les centristes et les indécis. C'est pourquoi monsieur Hollande a joué la carte du candidat du rassemblement, de la mobilisation de tous les Français, de la justice sociale et fiscale, du redressement économique. Bien sûr il faut diminuer les dépenses de l'État face à l'hydre de la crise des dettes souveraines. Mais l'adversaire du président a souligné que, à trop vouloir couper dans des services comme l'éducation et la gendarmerie, on augmente le chômage, ce qui, à son tour, a des conséquences néfastes sur la consommation et la croissance économique. Si tous les gouvernements font des coupures drastiques au même moment, on est pas plus avancé et on peut même retourner en récession.

Plus que les guerres de chiffres et d'argumentation, qui sont assez complexes et qui ont pu rebuter plusieurs téléspectateurs, c'est la personnalité des deux chefs qui est ressortie lors de ce duel assez corsé. C'est d'ailleurs souvent le cas. À les entendre s'accuser de dire des faussetés ou des demi-vérités, on en vient à douter nous-mêmes de leurs paroles. Restent alors des impressions, une image, un sentiment qui persistent après avoir entendu et vu les deux hommes se disputer la faveur du public. Moi, qui, comme canadien, est plutôt neutre dans cette bataille présidentielle, j'ai d'abord été impressionné de voir Sarkozy défendre si âprement son quinquennat. Il possède bien ses dossiers, ce qui est un peu normal pour un président en exercice. Mais c'est le ton qu'il a employé qui m'a déplu, au fur et à mesure que le débat de deux heures 45 minutes avançait. Pourquoi a-t-il été si désagréable avec son interlocuteur ? On veut bien croire qu'il devait être agressif puisque les sondages le donnent perdant, quelques jours avant l'élection, mais il a exagéré.

Mais, ce faisant, en adoptant une attitude belliqueuse et parfois mesquine, il ne s'est pas rendu service. En traitant son adversaire de menteur (à plusieurs reprises), de "petit calomniateur", et de Ponce Pilate, monsieur Sarkozy n'a pas élevé le niveau du débat. Bien au contraire. Ces mots ne sont pas dignes d'un chef d'état. Sarko a dépassé les bornes de l'acceptable et du fair play. En fait, dans ces écarts de langage et ces excès de combativité, on a bien reconnu le Sarkozy colérique et cassant dont se sont tant inspirés les humoristes. On a revu le Sarkozy "casse-toi pauvre con" qui a fait le tour de la planète via YouTube. Un Sarkozy pas très populiste, pas près des gens humbles du peuple. Curieusement, avant son élection en 2007, cette agressivité de "coq" français a pu contribué à le faire élire. Aujourd'hui elle lui nuit. Hollande a bien exploité ces défauts ou les perceptions négatives qui minent maintenant l'image du candidat de la Droite.

Pour moi, le point tournant du débat a été la fameuse tirade de trois minutes de François Hollande au cours de laquelle il a amorcé une quinzaine de phrases assassines par les mots "Moi, président de la République je...". En brossant un éloquent portrait du style de président qu'il serait, il a visé chaque fois un point faible de son opposant. Des coups bien placés et des arguments pertinents qui ont atteint la cible et qui me font croire que Sarkozy est cuit. Avec des formules frappantes comme "Sarkozy président de tout, responsable de rien", monsieur Hollande a frappé les esprits et emporter leur adhésion à sa cause. Le délicat point concernant le financement amoral de la caisse électorale du parti du président, a été une attaque durement ressentie par celui-ci. Même chose pour le favoritisme dont aurait fait preuve le candidat de la Droite à l'égard de ses amis ou des amis du pouvoir. Que ces assertions soient vraies ou pas, elles ont semé le doute dans les esprits des électeurs. Et qui dit doute dit manque de confiance. Un manque de confiance qui causera vraisemblablement la perte de Sarko.

Bien sûr, au Québec comme en France et dans beaucoup d'autres états démocratiques, c'est le gouvernement qui perd une élection. Ce n'est pas l'opposition qui la gagne. Surtout lorsque la conjoncture économique est cauchemardesque comme elle l'a été dernièrement. C'est bien connu : le pouvoir use et corrompt. Contrairement au président américain, Barack Obama, dont la réélection cette année semble assurée, parce que son adversaire républicain ne semble pas de taille à l'affronter, le président Sarkozy n'aura pas ce luxe devant le très "présidentiable" François Hollande. Ce dernier prend bien soin de ne rien brusquer, de ne pas s'aliéner le vote ethnique (son approche des problèmes d'immigration est plus "douce") et de capitaliser sur les points faibles de son rival. Il apparaît plus ouvert et conciliant. Il est plutôt détendu et positif, et il ne semble pas assoiffé de pouvoir comme son via-à-vis. Les politiciens sont des illusionnistes et, dans cette élection, Hollande, qui ne peut que recueillir des applaudissements (et des votes) du peuple lorsqu'il martèle qu'il fera payer les riches, semble le mieux placé pour faire croire qu'il saura améliorer le sort des Français en prenant en main leur destinée à titre de prochain président de la République.

Les places boursières mondiales ont subi un coup à la baisse il y a quelques jours, face à la perspective que la Gauche s'empare du pouvoir en France. Il n'est pas impossible que l'incertitude liée à cette présumée victoire de monsieur Hollande se fasse sentir encore sur les marchés boursiers. Mais une victoire de la Gauche n'est pas un précédent et ce n'est pas non plus la fin du monde. Les effets négatifs sur les places financières devraient n'être que temporaires...

samedi 27 août 2011

AVANT QUE JACK LAYTON DISPARAISSE À JAMAIS, LES QUÉBÉCOIS AURONT SAISI L'OPPORTUNITÉ DE LUI DIRE QU'ILS L'AIMAIENT...

«La justice sociale se fonde sur l'espoir, sur l'exaltation d'un pays, non sur les pantoufles.» - Charles de Gaulle.

Ces jours derniers à Ottawa et à Toronto, impressionnantes et touchantes ont été les démonstrations d'amour et de reconnaissance du peuple canadien à l'endroit du défunt chef du NPD Jack Layton. Heureusement, pour leur part, les Québécois n'ont pas attendu la mort du leader néo-démocrate pour reconnaître sa valeur, lui témoigner leur affection et leur confiance. En élisant 59 de ses candidats à l'élection du 2 mai dernier, les gens de sa province natale ont récompensé ses efforts en accueillant favorablement son message et ses propositions d'avenir. À travers un océan de cynisme et de désillusion envers la politique et les politiciens, le peuple québécois a vu en cet homme qui savait être prêt d'eux et de leurs préoccupations, une exception à qui ils ont voulu donné une chance de faire ce qu'il promettait : «un meilleur pays, un pays plus juste et équitable.» Un pays où les aînés, les malades, les plus faibles et les plus pauvres ne seraient pas laissés pour compte. Un pays où on s'assurerait de mieux répartir la richesse entre ses habitants. Un pays plus soucieux de la qualité de son environnement et de sa responsabilité de servir d'exemple pour l'ensemble des humains qui peuplent la planète terre.



Vous ne pouvez pas prôner de telles valeurs ou demander à vos concitoyens de vous suivre pour atteindre de pareils objectifs sans incarner vous-même ce que vous prêchez. Descendant d'un des Pères de la Confédération canadienne, né dans une famille où on est politicien de père en fils, possédant un charisme assez rare, Jack Layton était destiné à la carrière qu'il a connue. Comme trop de gens qui exercent le même métier que lui, il aurait pu se servir de ses talents de communicateur pour tromper ou leurrer les électeurs, leur faire de fausses promesses. Des adversaires et des caricaturistes se sont bien moqués de son idéalisme simpliste, de son jovialisme naïf, de ses idées nobles mais teintées de rêve et d'irréalisme, de son incapacité à être pris au sérieux par la population. Mais le "bon Jack" a persévéré et il est parvenu à convaincre une partie considérable de la population canadienne du bien-fondé de ses propositions, de la faisabilité des projets du NPD. Tout le programme du parti orange n'étant après tout, qu'une redéfinition des priorités socio-économiques et un nouveau partage des ressources.




Le sort aura voulu que son célèbre sourire et son éternel optimisme soient mis à rude épreuve par la maladie dans les dernières années de sa vie. Entouré d'amour par ses proches, supporté par ses amis et ses partisans, Layton a fait face vigoureusement à l'adversité, sans se plaindre, discrètement, en démontrant un courage admirable, une ténacité incroyable et une foi intarissable en l'avenir. Comme pendant toute sa vie, il a tenu le gouvernail du vaisseau de ses convictions, d'une main ferme, jusqu'à la fin... Que faut-il de plus pour inspirer toute une nation, pour stimuler passionnément l'espoir de la jeunesse du pays, et pour inciter les Canadiens d'un océan à l'autre à mettre de côté leur cynisme et leur passivité afin de croire qu'ils peuvent changer le monde par leur vote et leurs actions, s'ils le veulent vraiment ?


«Je ne connais pas d'autres marques de supériorité que la bonté.» - Ludwig van Beethoven.


Suit un diaporama sur la vie du "bon Jack", accompagné de la musique du groupe Alabama qui chante GOODBYE...




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