vendredi 22 août 2025

LES BABY BOOMERS FACE À L'ÂGISME ET AU JEUNISME.



Dans nos sociétés occidentales, on assiste présentement à un important roulement des générations.  La génération des baby boomers a atteint l'âge de la retraite.  La génération précédente, celle de leurs parents, disparaît.  La génération suivante, celle de leurs enfants, occupe maintenant le pouvoir.  Et celle qui suivra cette dernière, ne sait pas trop où elle s'en va.

Tous ces gens font un drôle de portrait.  Il y a entre eux des tiraillements et des chevauchements parfois brutaux, accentués par le phénomène bruyant des réseaux sociaux, où on s'en donne à coeur joie, à coups de remarques cinglantes, de préjugés gratuits, de dénigrements, et d'exécutions sommaires.

La génération qui disparaît, c'est celle qui s'est enfoncée plus loin dans le quatrième âge, c'est-à-dire, qu'elle a dépassé les 85 ans.  Elle disparaît dans le silence, la résignation, dans la souffrance à la "judéo-chrétienne", dans une sorte de fatalisme.



Elle ne l'a pas eu facile.  Elle a été élevé à la dure, en devant se soumettre à des règles sévères, en respectant l'autorité, qui, dans leurs temps, était surtout religieuse.  On devait se contenter de peu.  Manger son pain noir.  Elle s'est sacrifiée pour la génération suivante, celle de leurs nombreux enfants, nés après la seconde guerre mondiale.

Eux, les baby boomers, ont connu la prospérité des années cinquante, pour faire ensuite la révolution tranquille.  Ils se targuent d'avoir bâti le pays, en oubliant leurs parents, qui, avant eux, avaient construit les fondations.

Certes, maintenant forts de leurs réalisations et des institutions qu'ils ont aidées à créer, ils peuvent prendre une retraite confortable et active.  Bien qu'ils soient âgés, ils refusent de se dire "vieux".  Certains ne veulent pas prendre leur retraite, habitués au pouvoir, et fiers de conserver leur position de contrôle et d'influence.



Pourtant, les plus jeunes les poussent parfois vers la sortie avec véhémence ou condescendance,  avec des "tasse-toi mon oncle", et en les traitant de "petit monsieur" ou de "petite madame" qui, à cause de l'âge et de l'usure, ne sont plus "dans le vent", et ne sont plus capables de fournir le rendement exigé au travail, ou de répondre aux normes sociales actuelles.

Mais les baby boomers ne sont pas du genre à se laisser ainsi intimider ou dire quoi faire. Ils refusent d'être discriminés à cause de leur âge, et de connaître le triste sort de leurs parents soumis, et mis à l'écart, avant eux.  Pour se défendre, ils vont invoquer ou recourir aux lois et aux droits qu'ils ont eux-mêmes établis, et mis en application, au cours des cinquante dernières années.

Bien sûr, ils ne réagissent pas tous de la même façon devant les attaques âgistes.  Les "jeunes vieux", ceux qui sont âgés entre 60 et 75 ans, ont beau jeu de protester et de se montrer forts devant ces attaques.



Mais les plus vieux, eux, sentent le vieillissement s'accélérer parce que les maux physiques et mentaux commencent à les affecter sérieusement, et à faire diminuer leur autonomie, et leurs forces.  Vieillir devient une maladie.

Ils finissent même par pratiquer l'autoâgisme, à reconnaître pour vraies les accusations de ceux qui les discriminent et les dénigrent en raison de leur âge.  Ils sombrent dans une sorte de honte et de dépression.  Ils se sentent inutiles, bons à rien.  Ils s'isolent parce qu'ils ne veulent pas montrer au monde que leurs facultés s'affaiblissent, que leur apparence physique se détériore.

Ils savent qu'ils vivent dans un monde dans lequel les apparences sont tellement importantes, et dans lequel la beauté rime avec jeunesse.



Les femmes trouvent cela encore plus dur que les hommes, elles pour qui la beauté et le pouvoir de séduire a toujours été au coeur de leur vie.  Vieillir est difficile, le corps se flétrit, telle une fleur qui se fane.  L'actrice et écrivaine Simone Signoret (photo ci-dessus) disait avec amertume : «les hommes mûrissent, moi je vieillis».

C'est d'ailleurs le lot des personnages publics, des artistes, des gens des médias, des milieux politiques, d'encaisser les remarques désobligeantes quand l'âge vient nuire à leur image.  Au contraire, leur grande expérience, leur sagesse, leurs compétences, leur savoir-faire, devraient être appréciés et respectés.

Comme l'écrivait si justement Félix Leclerc (photo ci-dessous): «Ce n'est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne de vieilles pommes».



Et il ne faut pas mettre toutes les personnes âgées dans le même panier.  Il y a des questions de génétique et de mentalité à considérer.  Certaines personnes vieillissent moins, ou moins vite, que d'autres.  L'ancienne vedette Johnny Hallyday l'avait constaté : «Il y a des gens jeunes qui sont déjà vieux.  Il y a des gens plus âgés qui sont encore jeunes».

L'âgisme n'est pas à sens unique.  Son pendant est le jeunisme.  Je connais des personnes âgées qui ont des préjugés à l'égard des jeunes.  Ils les dévalorisent à cause de leur manque de politesse ou leur inexpérience.  Dans les commerces, chez le garagiste, ou dans les cliniques médicales, ils refuseront d'être servis par des jeunes, ou des débutants, parce qu'ils craignent d'être victimes de leur inexpérience, de leur manque de savoir-faire.

C'est le genre de personnes qui croient avoir le monopole de la vérité et qui vont sans cesse contredire les jeunes, qui faute d'avoir suffisamment vécu et expérimenté, croit sans savoir, comme disait Voltaire.  L'expérience ne s'achète pas, ajouteront-ils.  Ils blâmeront les jeunes d'être irrespectueux, irresponsables, mous, capricieux, et de ne pas savoir vivre.



Mais ils oublient que les temps changent, et les valeurs des jeunes aussi.  Vivre le rêve américain, passer son temps à travailler pour gagner toujours plus d'argent, et se payer du luxe, ce n'est plus tant l'idéal des jeunes d'aujourd'hui.  Vivre le moment présent, avoir du bon temps maintenant, au lieu de faire des plans d'avenir, voilà ce qui est davantage désirable pour eux.  

Au lieu de se chamailler, et de se critiquer négativement, jeunes et personnes âgées ne devraient-ils pas s'unir pour créer une société meilleure ? Les jeunes profitant de l'expérience des plus vieux, et les plus âgés, de l'énergie et des idées nouvelles de leurs benjamins.



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Avoir des passions, ça peut aider à rester jeune.  Moi, j'ai la passion du football américain.  Je l'entretiens sur mon blogue FOOTBALL MANIA AVEC HACKSAW.  Je viens de compléter mon analyse de chaque équipe de la Ligue Nationale de Football.  Je vous invite à profiter de mon expérience de "vieux" fan de la NFL : https://footballmaniaavechacksaw.blogspot.com/2025/08/previsions-nfl-saison-2025-26-des-rams.html. 

mardi 11 mars 2025

LE SAVOIR-VIVRE EST EN BAISSE DANS NOS SOCIÉTÉS



OÙ  EST  PASSÉ  LE  RESPECT  ET  LA  BIENSÉANCE  DANS  NOS  RAPPORTS  SOCIAUX APRÈS  LA  PANDÉMIE  DE  COVID-19  ?


Les statistiques ne mentent pas.  Depuis la pandémie de COVID-19, qui date de cinq ans maintenant, le climat social s'est dégradé dans nos sociétés.  Au Canada et aux États-Unis, du moins, nous sommes témoins de plus en plus de crises de nerfs et d'incivilités de la part de plus en plus de personnes, tant dans la vie privée que dans les lieux publics, ou de travail.

Les gens sont davantage anxieux, impatients, stressés, de mauvaise humeur.  On assiste à une rébellion contre les règlements et la bonne conduite, que ce soit sur la route, dans les commerces, les institutions financières, ou de santé.  Les clients crient après les membres du personnel dans les établissements de services.  Ils les invectivent, les menacent, et vont même jusqu'à les agresser physiquement.

Ça reste une minorité qui verse ainsi dans la violence, le mépris et le non respect de la décence, de la dignité et de la civilité.  Mais l'intensité et le nombre des "indisciplinés" a sensiblement augmenté .  Qu'on les appelle les impolis, les harceleurs, les anarchistes, les effrontés, les colériques, les capricieux, les intimidateurs, les frustrés, les dépressifs, les abrasifs, les irrités, les adeptes du chantage, voire, les criminels, tous ces "mal élevés" causent des problèmes, et constituent des menaces à la sécurité d'autrui.


Les confinements causés par la pandémie ont simplement exacerbé cette aggravation des comportements brutaux et irrespectueux.  Ils existaient avant.  C'est peut-être bien plus une question d'éducation si on a tant de "mal engueulés" sur les bras.  Les parents semblent avoir perdu le contrôle de leurs enfants.  Trop de ceux-ci ne les écoutent plus et ne les respectent plus.  Ils ne font qu'à leur tête et désobéissent constamment.

À l'école, c'est la même chose.  L'autorité des professeurs est contestée et même parfois bafouée.  On leur manque de respect, et certains sont même agressés.  Ça fait belle lurette qu'on enseigne plus la bienséance et la politesse.  Autrefois, il y avait des cours qui se donnaient à ces sujets.

Jadis, la religion servait également de "garde-fous" pour la bonne conduite en société.  Elle est disparue depuis une cinquantaine d'années, et ça paraît dans nos rapports sociaux.  On manque d'empathie et de compréhension.


Les effets de la pandémie devrait s'être estompés un peu depuis cinq ans.  Mais la pression qui fait "péter des coches" en jouant sur les nerfs de l'habituel 10% de gens psychologiquement perturbées trouve maintenant sa source dans le coût de la vie trop élevé, le manque de logements, ou les bouleversements politiques (Allo Trump !).

Les pénuries de personnel qualifié dans les commerces, ou les établissements scolaires, ou de santé, n'arrangent pas les choses, surtout pour les clients pressés qui n'acceptent pas de devoir patienter davantage avant d'être servis.

On dirait qu'il y a un débordement de capotés qui ont un besoin absolu de tout contrôler sans modération.  Pour paraphraser une chanson d'Ariane Moffatt, on dirait qu'on est à l'ère du "je veux tout, tout de suite et ici".

Dans les zones scolaires, les automobilistes klaxonnent à l'intention des brigadiers scolaires pour manifester leur mécontentement de devoir s'arrêter pour laisser passer les écoliers.  Ou on brûle les arrêts stops pour dépasser les autobus scolaires qui sont en train d'embarquer ou débarquer les enfants.

Ailleurs sur la route, ce n'est pas mieux.  Des  cowboys dangereux ne respectent pas le code de conduite.  On se stationne dans des endroits interdits, on change abruptement de voie, sans signaler ses intentions, en coupant le chemin aux autres automobilistes.  On se moque des limites de vitesse, etc.


Sur la scène municipale, depuis quelques années, seulement au Québec, 1 100 élus ont quitté leurs fonctions parce qu'ils n'en pouvaient plus d'être insultés ou menacés par des citoyens sans vergogne.

Dans les cliniques médicales et les hôpitaux, on voit de plus en plus d'agents de sécurité et d'affiches mettant en garde les patients (ou les impatients) contre toute forme de violence verbale ou physique à l'endroit du personnel.

Vous allez aussi rencontrer des spécimens pour qui tempêter, chiâler et blesser les gens, par des remarques désobligeantes, est un mode de vie, un exemple à suivre.  Ils s'en glorifient, y prennent plaisir, et considèrent ces comportements agressifs comme une force.  Pour eux, c'est l'antithèse de la mollesse, de la faiblesse de caractère et de la "moutonnerie" qu'ils reprochent à leurs concitoyens trop peu exigeants.
  

Une fois, j'ai demandé à une connaissance pourquoi il admirait Donald Trump.  Il m'a répondu que c'est parce que le président américain est un homme fort qui ne s'en laisse pas imposer.  Il pense lui-même qu'il faut s'imposer dans la vie, au risque d'écraser quelques orteils, ou de froisser quelques personnes sur son passage !

Dans ce lot de têtes fortes, c'est logique et naturel que l'on retrouve beaucoup d'intolérants, d'homophobes, de racistes, ou de misogynes.  Tout part du manque de respect et d'un déplorable complexe de supériorité mal placé, qui pousse vers la condescendance et le mépris.

Face à ce phénomène grandissant de la dégradation du savoir vivre ensemble, que faire ?  Favoriser davantage l'éducation par des messages d'intérêt public de la part des autorités gouvernementales, et recourir à la répression légales des mauvais comportements et des mauvaises conduites chez les délinquants.  À l'école, enseigner la bienséance et la bonne conduite aux enfants pour qu'ils deviennent des citoyens de qualité.

Peut-être que ce sera en vain par rapport au malheureux 10% d'écervelés ou de caves qui, bon an mal an, sévit toujours dans nos sociétés.  Mais au moins, cela pourrait éviter d'augmenter leur nombre ou l'intensité de leurs comportements condamnables et non civilisés.     

dimanche 31 mars 2024



L'INTELLIGENCE  ARTIFICIELLE  AU  SERVICE  DES  ARNAQUEURS  ET  DES  INFLUENCEURS  MALHONNÊTES...


Nous vivons dans un monde dangereux !  Surtout avec l'avénement de l'intelligence artificielle.  Plus que jamais il est difficile de distinguer le vrai du faux.  Et les criminels, fraudeurs, arnaqueurs ou influenceurs malhonnêtes se servent de ce nouvel outil pour faire fructifier leur commerce illicite.

La nouvelle mode, c'est d'usurper l'identité d'une personnalité connue, et bien appréciée, en empruntant ou en reproduisant sa voix et son image pour lui faire dire de fausses déclarations, ou faire des gestes prêtant à confusion, dans le but de tromper des victimes, ou des consommateurs distraits et peu méfiants.



Cela donne lieu à des arnaques de tous genres : 

  • vols de renseignements personnels pour commettre des fraudes banquaires ou vendre de la fausse cryptomonnaie; 
  • manipuler l'opinion pour nuire à la réputation de quelqu'un, ou enjoliver la sienne (allo Donald Trump !);
  • faire du chantage et des menaces personnelles du genre «sextorsion»;
  • désinformer à des fins de propagande passant pour des vérités crédibles;
  • vendre des services ou des produits inexistants ou défectueux;
  • se faire passer criminellement pour un chirurgien plasticien ou un courtier financier;
  • promouvoir la vente -à forts prix- de cosmétiques ou de produits de beauté «miracles» alors qu'ils n'existent pas, ou sont inefficaces et même dangereux; 
  • fabriquer de fausses photos d'identité en les retouchant -pour avoir accès à un téléphone intelligent, ou faire un faux passeport-;
  • utiliser une vedette ou une personnalité connue -sans son consentement- pour promouvoir la vente d'un gadget inutile, d'un faux médicament (ex. contre le cancer), ou d'un produit inefficace pour maigrir -genre produit naturel bidon-;
  • favoriser la vente d'un produit en utilisant l'intelligence artificielle pour générer de faux avis sur des sites comme Amazon ou Tripadvisor;
  • fabriquer de faux contenus comme des tableaux ou de la musique pouvant être vendus sous une fausse identité.


Nous sommes tous exposés à ces dangers, du moment que nous consultons ou utilisons les médias sociaux.  Les fraudes téléphoniques, ou sur internet, sont aussi très répandues.  Des réseaux de fraudeurs très bien organisés font des millions de victimes et... de dollars, partout dans le monde, mais particulièrement à partir de l'Afrique et de l'Europe de l'Est.

Leurs cibles favorites ?  Les Australiens et les Canadiens, parce qu'ils sont riches et assez naïfs.  Les jeunes et les personnes âgées sont plus vulnérables à ces escroqueries, ces publicités frauduleuses, et ces abus de confiance.  Rien qu'au Canada l'an dernier, les arnaques à l'investissement ont rapporté 309 millions de dollars aux criminels.  C'est neuf foix plus qu'en 2020.

Comme le disait Voltaire en 1736 : «mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose».  Ça pourrait être le slogan de tous ces vendeurs de rêves, et ces escrocs, bien campés derrière leur ordinateur ou avec leur téléphone à l'oreille...