Dans nos sociétés occidentales, on assiste présentement à un important roulement des générations. La génération des baby boomers a atteint l'âge de la retraite. La génération précédente, celle de leurs parents, disparaît. La génération suivante, celle de leurs enfants, occupe maintenant le pouvoir. Et celle qui suivra cette dernière, ne sait pas trop où elle s'en va.
Tous ces gens font un drôle de portrait. Il y a entre eux des tiraillements et des chevauchements parfois brutaux, accentués par le phénomène bruyant des réseaux sociaux, où on s'en donne à coeur joie, à coups de remarques cinglantes, de préjugés gratuits, de dénigrements, et d'exécutions sommaires.
La génération qui disparaît, c'est celle qui s'est enfoncée plus loin dans le quatrième âge, c'est-à-dire, qu'elle a dépassé les 85 ans. Elle disparaît dans le silence, la résignation, dans la souffrance à la "judéo-chrétienne", dans une sorte de fatalisme.
Elle ne l'a pas eu facile. Elle a été élevé à la dure, en devant se soumettre à des règles sévères, en respectant l'autorité, qui, dans leurs temps, était surtout religieuse. On devait se contenter de peu. Manger son pain noir. Elle s'est sacrifiée pour la génération suivante, celle de leurs nombreux enfants, nés après la seconde guerre mondiale.
Eux, les baby boomers, ont connu la prospérité des années cinquante, pour faire ensuite la révolution tranquille. Ils se targuent d'avoir bâti le pays, en oubliant leurs parents, qui, avant eux, avaient construit les fondations.
Certes, maintenant forts de leurs réalisations et des institutions qu'ils ont aidées à créer, ils peuvent prendre une retraite confortable et active. Bien qu'ils soient âgés, ils refusent de se dire "vieux". Certains ne veulent pas prendre leur retraite, habitués au pouvoir, et fiers de conserver leur position de contrôle et d'influence.
Pourtant, les plus jeunes les poussent parfois vers la sortie avec véhémence ou condescendance, avec des "tasse-toi mon oncle", et en les traitant de "petit monsieur" ou de "petite madame" qui, à cause de l'âge et de l'usure, ne sont plus "dans le vent", et ne sont plus capables de fournir le rendement exigé au travail, ou de répondre aux normes sociales actuelles.
Mais les baby boomers ne sont pas du genre à se laisser ainsi intimider ou dire quoi faire. Ils refusent d'être discriminés à cause de leur âge, et de connaître le triste sort de leurs parents soumis, et mis à l'écart, avant eux. Pour se défendre, ils vont invoquer ou recourir aux lois et aux droits qu'ils ont eux-mêmes établis, et mis en application, au cours des cinquante dernières années.
Bien sûr, ils ne réagissent pas tous de la même façon devant les attaques âgistes. Les "jeunes vieux", ceux qui sont âgés entre 60 et 75 ans, ont beau jeu de protester et de se montrer forts devant ces attaques.
Mais les plus vieux, eux, sentent le vieillissement s'accélérer parce que les maux physiques et mentaux commencent à les affecter sérieusement, et à faire diminuer leur autonomie, et leurs forces. Vieillir devient une maladie.
Ils finissent même par pratiquer l'autoâgisme, à reconnaître pour vraies les accusations de ceux qui les discriminent et les dénigrent en raison de leur âge. Ils sombrent dans une sorte de honte et de dépression. Ils se sentent inutiles, bons à rien. Ils s'isolent parce qu'ils ne veulent pas montrer au monde que leurs facultés s'affaiblissent, que leur apparence physique se détériore.
Ils savent qu'ils vivent dans un monde dans lequel les apparences sont tellement importantes, et dans lequel la beauté rime avec jeunesse.
Les femmes trouvent cela encore plus dur que les hommes, elles pour qui la beauté et le pouvoir de séduire a toujours été au coeur de leur vie. Vieillir est difficile, le corps se flétrit, telle une fleur qui se fane. L'actrice et écrivaine Simone Signoret (photo ci-dessus) disait avec amertume : «les hommes mûrissent, moi je vieillis».
C'est d'ailleurs le lot des personnages publics, des artistes, des gens des médias, des milieux politiques, d'encaisser les remarques désobligeantes quand l'âge vient nuire à leur image. Au contraire, leur grande expérience, leur sagesse, leurs compétences, leur savoir-faire, devraient être appréciés et respectés.
Comme l'écrivait si justement Félix Leclerc (photo ci-dessous): «Ce n'est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne de vieilles pommes».
Et il ne faut pas mettre toutes les personnes âgées dans le même panier. Il y a des questions de génétique et de mentalité à considérer. Certaines personnes vieillissent moins, ou moins vite, que d'autres. L'ancienne vedette Johnny Hallyday l'avait constaté : «Il y a des gens jeunes qui sont déjà vieux. Il y a des gens plus âgés qui sont encore jeunes».
L'âgisme n'est pas à sens unique. Son pendant est le jeunisme. Je connais des personnes âgées qui ont des préjugés à l'égard des jeunes. Ils les dévalorisent à cause de leur manque de politesse ou leur inexpérience. Dans les commerces, chez le garagiste, ou dans les cliniques médicales, ils refuseront d'être servis par des jeunes, ou des débutants, parce qu'ils craignent d'être victimes de leur inexpérience, de leur manque de savoir-faire.
C'est le genre de personnes qui croient avoir le monopole de la vérité et qui vont sans cesse contredire les jeunes, qui faute d'avoir suffisamment vécu et expérimenté, croit sans savoir, comme disait Voltaire. L'expérience ne s'achète pas, ajouteront-ils. Ils blâmeront les jeunes d'être irrespectueux, irresponsables, mous, capricieux, et de ne pas savoir vivre.
Mais ils oublient que les temps changent, et les valeurs des jeunes aussi. Vivre le rêve américain, passer son temps à travailler pour gagner toujours plus d'argent, et se payer du luxe, ce n'est plus tant l'idéal des jeunes d'aujourd'hui. Vivre le moment présent, avoir du bon temps maintenant, au lieu de faire des plans d'avenir, voilà ce qui est davantage désirable pour eux.
Au lieu de se chamailler, et de se critiquer négativement, jeunes et personnes âgées ne devraient-ils pas s'unir pour créer une société meilleure ? Les jeunes profitant de l'expérience des plus vieux, et les plus âgés, de l'énergie et des idées nouvelles de leurs benjamins.
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Avoir des passions, ça peut aider à rester jeune. Moi, j'ai la passion du football américain. Je l'entretiens sur mon blogue FOOTBALL MANIA AVEC HACKSAW. Je viens de compléter mon analyse de chaque équipe de la Ligue Nationale de Football. Je vous invite à profiter de mon expérience de "vieux" fan de la NFL : https://footballmaniaavechacksaw.blogspot.com/2025/08/previsions-nfl-saison-2025-26-des-rams.html.
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